Le Pape François, les unions de même sexe et l’hystérie collective digne de Chicken Little

Ceci est la traduction d’un article de Dave Armstong, disponible ici.


J’ai vu ce phénomène se répéter encore et encore durant mes sept années et demi passées à défendre le Pape François. Nous en sommes littéralement à la 176ème fois :

1) Le Pape François dit quelque chose (pour certaine personne, pratiquement quoi que ce soit).

2) A première vue (et habituellement à travers le filtre de médias Catholiques de moins en moins fiables et équilibrés, et ne parlons pas des médias séculiers ! ), cela paraît être (particulièrement aux « oreilles » fatiguées et cyniques) anti-traditionnel ou franchement subversif envers la foi Catholique. Ce type d’accusation devient très rapidement la norme dans le discours type sur les réseaux sociaux, les personnes y font la compétition afin de savoir qui sera le plus critique, le plus conspirationniste et le plus ridicule, et c’est, encore une fois reparti, pour un tour.

Il y a une raison pour laquelle G.K. Chesterton ( « Tout ce qui a vraiment toujours pu être considéré comme étant le mal du commérage est bien plus caractéristique du journalisme traditionnel. ») et C.S. Lewis (« Je ne lis jamais les journaux. Pourquoi les gens les lisent-ils? Ils ne sont presque entièrement que des mensonges. » ) étaient acerbement critiques des médias et de la presse (certaines choses ne changent pas).

3) Mais, invariablement, ce que le Saint Père a dit ou écrit est : A) pris hors contexte, ou B) faussement ou au moins douteusement transposé, ou C) les deux.

4) Ou bien cela est suffisamment « choquant » (ou plutôt « nuancé ») au sein du développement de la doctrine et de l’herméneutique de la continuité, pour que beaucoup d’oreilles n’arrivent pas à « recevoir » le message, ce qui ne me choque pas, sachant que les enseignements de Notre Seigneur Jésus-Christ et de St. Paul étaient souvent de la même nature, et ont souvent, de la même façon, été faussement perçus :

Jean VII, 16-24 (Crampon)
16 Jésus leur répondit : « Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé.
17 Si quelqu’un veut faire la volonté de Dieu, il saura si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de moi-même.
18 Celui qui parle de soi-même, cherche sa propre gloire ; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, est véridique, et il n’y a point en lui d’imposture.
19 Est-ce que Moïse ne vous a point donné la Loi ? Et nul de vous n’accomplit la loi.
20 Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » La foule répondit : « Vous êtes possédé du démon; qui est-ce qui cherche à vous faire mourir ? »
21 Jésus leur dit : « J’ai fait une seule œuvre, et vous voilà tous hors de vous-mêmes ?
22 Moïse vous a donné la circoncision (non qu’elle vienne de Moïse, mais des Patriarches), et vous la pratiquez le jour du sabbat.
23 Que si, pour ne pas violer la loi de Moïse, on circoncit le jour du sabbat, comment vous indignez-vous contre moi, parce que, le jour du sabbat, j’ai guéri un homme dans tout son corps?
24 Ne jugez point sur l’apparence, mais jugez selon la justice. »
(cf. 8:48-49, 52; 10:20-21)

Marc III, 22 (Crampon)
22 Mais les Scribes, qui étaient venus de Jérusalem, disaient: « Il est possédé de Béelzébub; et c’est par le prince des démons qu’il chasse les démons. »

A titre d’illustration nous pouvons citer la récente répétition par le Pape François de « l’inadmissibilité » (ce qui est différent de l’immoralité intrinsèque) de la peine capitale. Il s’agit de la grande controverse précédente. Maintenant nous en avons une autre. Nous ne pouvons pas empêcher les Catholiques d’imiter l’attitude et d’adopter le regard de la partie corrompue des Pharisiens. C’est triste, mais que peut-on y faire, sinon tenter d’enseigner et de corriger ?

5) Donc les gens trouvent le Pape François confus et difficile à comprendre ? Cela ressemble encore à Jésus et à l’apôtre Paul :

Jean VI, 60, 66-67 (Crampon)
60 Beaucoup de ses disciples, l’ayant entendu, dirent: « Cette parole est dure, et qui peut l’écouter ? »[…]
66 Dès ce moment, beaucoup de ses disciples se retirèrent, et ils n’allaient plus avec lui.
67 Jésus donc dit aux Douze: « Et vous, ne voulez-vous pas aussi vous en aller ? »
Matthieu XIII, 13-15 (Crampon)
13 C’est pourquoi je leur parle en paraboles, parce qu’en voyant, ils ne voient pas, et qu’en entendant, ils n’entendent ni ne comprennent.
14 Pour eux s’accomplit la prophétie d’Isaïe : « Vous entendrez de vos oreilles et vous ne comprendrez point; vous verrez de vos yeux, et vous ne verrez point.
15 Car le cœur de ce peuple s’est appesanti ; ils ont endurci leurs oreilles et fermé leurs yeux: de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je ne les guérisse. »
Matthieu XV, 16 (Crampon)
16 Jésus répondit : « Êtes-vous encore, vous aussi, sans intelligence ? »
Marc VIII, 17 (Crampon)
17 Jésus, connaissant leur pensée, leur dit: « Pourquoi vous entretenez-vous de ce que vous n’avez pas de pains ? N’avez-vous encore ni sens ni intelligence ? Votre cœur est-il encore aveuglé ? « 
Jean III, 10 (Crampon)
10 Jésus lui dit: « Tu es le docteur d’Israël, et tu ignores ces choses ! »
1 Timothée I, 7(Crampon)
7 ils ont la prétention d’être des docteurs de la Loi ; et ils ne comprennent ni ce qu’ils disent, ni ce qu’ils affirment.
2 Timothée III, 7(Crampon)
7 qui toujours apprennent sans pouvoir jamais parvenir à la connaissance de la vérité.
2 Pierre III, 16 (Crampon)
16 C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres où il aborde ces sujets ; il s’y rencontre des passages difficiles à entendre, et que des personnes ignorantes et mal affermies détournent, comme elles font les autres Écritures, pour leur perdition,
Jude 10 (Crampon)
10 Mais ceux-ci, ils blasphèment tout ce qu’ils ignorent, et quant à ce qu’ils connaissent naturellement, comme les bêtes sans raison, ils s’y corrompent.

6) Enfin, lorsque cela est examiné de près par ceux qui n’ont pas suivi la tendance ultrapopulaire, en vogue, et chic du Pape « bashing », cela se révèle être une « tempête dans un verre d’eau » et beaucoup de bruit pour pas grand chose.

Nous venons encore d’assister à l’éruption ce phénomène, mes amis. Les Catholiques se souillent en masse d’eux-même et deviennent dingues. J’ai dû me séparer d’environ quatorze « amis » d’internet parce que je suis passé sous le seuil de la tolérance zéro envers le « bashing » hystérique et irrationnel du Pape , et c’est parti pour durer. Je suis simplement malade et fatigué de voir une dissidence libérale pseudo-protestante réchauffée et à moitié cuite, et des attitudes quasi schismatiques perturber mes repas. Un individu ne peut en supporter qu’une certaine quantité. C’est mauvais pour l’âme. Ça n’est pas édifiant (pour le dire très délicatement).
Beaucoup d’autres parmi mes amis Facebook m’ont simplement demander de clarifier les choses et n’ont pas participé à cette absurdité et ce fanatisme. C’est bon. Je le respecte, et je suis content de répondre en tant qu’apologiste dont le travail est de défendre le Saint Père et la Sainte Foi Catholique, et d’apporter la raison dans l’équation, même si nous partons dans deux jours et la dernière chose que je devrais être en train de faire serait de traiter une controverse majeure. En réalité, je suis ici à écrire à 3h18 du matin [et j’ai fini à 5h30] parce que j’ai beaucoup pensé à cela et je n’ai pu dormir.

Le Dr. Scott Hahn a écrit sur Facebook :
« Saint Père, avec tout le respect et l’humilité que je vous dois, je ne suis pas entièrement d’accord… si c’est en effet ce que vous avez dit. Dans tous les cas, s’il vous plaît, clarifiez et rectifiez votre affirmation, particulièrement par rapport à l’enseignement officiel de notre Seigneur par le magistère de Son Église. »
Après quatorze heures, ceci a accumulé 7400 likes et 2400 commentaires. Grâce à Dieu, Scott a ajouté le qualificatif salvateur : « si c’est en effet ce que vous avez dit ». A-ha ! C’est tout le problème ! Les mots de Scott Hahn (pour le meilleur ou pour le pire) sont juste là à côté de Dieu dans l’opinion de millions de Catholiques orthodoxes. Cela n’arrange pas du tout les choses pour lui de faire une observation aussi rapide que ça.
Il est un apologiste (comme moi-même) et un théologien ainsi qu’un académique (pas comme moi). Il pourrait faire l’effort d’effectivement faire le travail de comprendre ce qui a été dit, puis le clarifier et le défendre. Mais à la place, il nous délivre une brève citation, gagne un milliard de commentaires et de likes, et il faut encore que des types comme moi-mêmes, le Dr. Pedro Gabriel, les autres chics types du site web Where Peter Is, et les théologiens Catholiques comme Dr. Robert Fastiggi, Jimmy Atkin et Tim Staples (des types qui défendent réellement le Pape) affrontent la pagaille résultante et le « scandale », et fassent le travail.
Je suis heureux de le faire (ne vous méprenez pas), mais notre travail est rendu cent fois plus difficile à cause de l’hystérie, le vacarme déjà créés, et le bruit qui engloutit toute véritable analyse détaillée. Je gagnerais plus que quelques visites de la page en écrivant à ce sujet, mais je peux vous garantir que ça ne sera pas près de 7400 likes en 14 heures. C’est ce que la brève citation sceptique rapporte : simplement parce qu’elle a été rédigée par Scott Hahn.

Donc, même si nous présentons une interprétation positive plausible de ce que le Pape François dit et enseigne, relativement peu la liront, parce qu’elle va contre le zeitgeist (note de la traduction : littéralement « l’esprit du temps en allemand »). Et donc, cette mania et cette hystérie de François « bashing » continue de croître dans cette direction. C’est triste et tragique. Le diable est très malin, et il sait comment exploiter toute faiblesse qu’il peut trouver parmi les Catholiques (et il y en a beaucoup).

Le Dr. Pedro Gabriel, la voix de la raison et des faits, comme toujours, est intervenu avec une réaction initiale sur Facebook :

Les réseaux sociaux ont répandu un article de CNA (Catholic News Agency) citant François, dans un documentaire, disant qu’il était pour les unions homosexuelles.

En ce moment, nous attendons de voir la citation entière dans son contexte. Il semblerait que, lorsqu’il fut évêque de Buenos Aires, il se soit opposé au projet de mariage homosexuel et proposa, de façon alternative, une loi d’union civile qui donnerait certains avantages aux homosexuels (comme le droit de visites hospitalières, etc…) sans pour autant que cela soit considéré comme étant un mariage. Les remarques de François sont probablement à lire dans cette perspective et sont susceptibles d’avoir été tirées de la séquence où cela était le sujet de la discussion. Mais nous devons attendre de voir la citation dans son contexte, CNA n’est pas fiable, et a déjà produit des controverses telles que celle-ci dans le passé (toute l’agitation autour de la pachamama a commencé par leur journalisme négligent).
*
Quoi qu’il en soit, François a été cohérent en condamnant l’homosexualité et l’idéologie du genre, tout comme il l’a été en traitant humainement les personnes LGBT. Donc, toute proposition prudentielle à ce sujet très politique doit être considéré dans cette perspective.

J’attendrai donc de visionner le documentaire complet dans son contexte global, tout en lisant le document de la CDF et toutes les informations pertinentes que je pourrais rassembler avant de constituer un jugement. Je conseille à tout le monde de faire de même. Il n’est pas nécessaire de participer à la tendance.

Il a reçu 43 likes en 11 heures et 14 commentaires. Voyez-vous la différence ? Cela représente 172 fois moins de likes et 171 fois moins de commentaires que Scott Hahn a pu obtenir en 2 phrases. C’est cela que les défenseurs du Pape doivent affronter. Mais nous faisons ce que nous pouvons. Personne non plus n’a écouté le prophète Jérémie, mais il fit la bonne chose en proclamant la vérité aux Israélites. Le « succès » aux yeux de Dieu n’est pas déterminé par des nombres, ceci est de toute façon, selon la logique, un sophisme ad populum.

Carl E. Olson, auteur et éditeur Catholique de The Catholic World Report et Ignatius Insight s’est indigné sur la page Facebook de Michael Liccione, d’une manière qui est (malheureusement) typique parmi les Catholiques orthodoxes critiques du Pape et/ou des « bashers »:
« Je ne peux pas être d’accord, bien que je comprenne (et sois profondément désolé) pour la lassitude de François. D’innombrables personnes pensent maintenant que l’Église change son enseignement sur l’homosexualité et le mariage. Ils se trompent, bien sûr, mais c’est factuel. Et François, j’en suis convaincu, sais très bien comment les choses vont être comprises. Cette sorte d’ambiguïté dévastatrice a été sa marque de fabrique depuis le début de son pontificat ; il feinte dans une direction puis va dans une autre direction, et tout cela sert apparemment une sorte de Catholicisme sentimentaliste, semi-séculier. Cependant, ceux qui s’en tiennent à l’enseignement clair de l’Église sur à peu près tous les sujets sont laissés de côté comme du linge sale.
*
Je ne pense pas qu’il « enseigne l’hérésie ». Il ne tient pas assez compte de la doctrine pour cela. (Et il est trop malin pour tomber dans ce piège.) Mais il créé certainement plus de confusion, à une époque où les fidèles Catholiques ont besoin d’une gouvernance claire et ferme.
*
Le Pape François semble essentiellement obsédé par les luttes des années 1970, souvent menées en employant une sorte de jargon flou, spongieux, presque unitariens, qui est une sorte de sentimentalisme insipide et principalement dénué de théologie et de substance pratique.

Le site web Where Peter Is s’est distingué, comme il le fait toujours. Mike Lewis a écrit un excellent article “Pope Francis and Civil Unions: Critical Context”(10-22-20). Si vous voulez voir quelque chose différent de l’agitation habituelle, normale et de l’hystérie anti-papale , prenez le temps de le lire (deux fois ou plus, si nécessaire). En voici de longs extraits :

Il est même difficile de savoir où commencer ma réponse, les réactions se sont situées partout, d’une évêque américain diocésain mentionnant que l’affirmation du pape « contredit clairement ce qui a été l’enseignement de l’Église à propos des mariages de même sexe », jusqu’à une réaction sur le site web officiel de l’archidiocèse de New York déclarant : « le Saint Père s’est complètement trompé », en passant par l’archevêque Carlo Maria Vigano, qui, dans sa dernière déclaration, prétend que le Pape, « Lui qui doit mener la Barque de Pierre, a choisi de s’associer avec l’Ennemi, pour la faire couler. »
*
Venant de la gauche, particulièrement chez les médias séculiers, beaucoup semblent traiter les mots du Pape comme un changement marquant dans les enseignements de l’Église. Alors que l’affirmation du Pape François n’a pas mentionné le mariage entre personnes de même sexe, ni la sexualité, ils en ont interprété une sorte de tremblement de terre dans la doctrine de l’Église. Par exemple, les tabloïdes Britanniques et d’autres journaux fonctionnent de cette façon, comme le reporter Edward Pentin l’a montré sur Twitter
*
Premièrement, je souhaite être direct à propos de l’importance de ces affirmations, par rapport à la doctrine et comment elles se rapportent à l’enseignement de l’Église. Soyons clairs à ce propos (que vous soyez d’accord ou non avec): la pagaille provient de deux phrases prononcées par le Pape François lors d’une interview. Elles ne font pas partie des enseignements magistériels officiels, ni ne représentent de modifications officielles de la doctrine ou de la discipline. D’autres ont fait remarquer que nous n’avons pas le contexte complet, mais (c’est au moins mon opinion) nous pouvons relativement facilement déduire la pensée de François à partir de ses interventions précédentes sur ces sujets.
*
L’Église aborde énormément de personnes et de groupes de façon différente par rapport à son action dans les siècles précédents : les femmes, les non-Catholiques, les non-Chrétiens, les prisonniers, les handicapés, les divorcés, et beaucoup d’autres …
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Ceci dit, regardons ce que le Pape François a véritablement dit. La première des deux affirmations qui a déclenché la tempête est : « les homosexuels ont un droit a être membre d’une famille. Ils sont les enfants de Dieu et ont le droit à une famille. Personne ne devrait être jeté ou rendu misérable à cause de cela. » La seconde affirmation est, « Ce que nous devons créer est une loi d’union civile. De cette façon ils seront légalement couverts. Je suis pour cela. »

Il est difficile d’imaginer que la première des deux affirmations – à savoir que les personnes LGBT « ont le droit à être membre d’une famille » – puisse être sujette à controverse, excepté peut-être parmi les Catholiques contemporains les plus extrêmes et ceux pratiquant le moins bien la pastorale …

Nous avons le droit à une famille. François essaye de nous enseigner que bannir nos enfants n’est pas un acte Chrétien. De façon générale, en tant que parents, nos portes et nos cœurs doivent toujours être ouverts à nos enfants, même s’ils sont différents de ce que nous voudrions qu’ils soient. Notre Père qui est au cieux est notre modèle en cela ; Il nous aime comme nous sommes – inconditionnellement. Il nous pardonne nos erreurs, Il nous accueille à bras ouverts lorsque nous Lui demandons Son pardon, et Il reste disponible pour nous même lorsque nous tentons de nous éloigner de Lui.

Encore une fois, la problématique sur la façon dont les membres d’une famille ne vivant pas parfaitement la foi Catholique doivent être traités ressort de ce qui est fréquemment décrit comme étant un sujet « prudentiel », et non pas une question doctrinale…
*
Pour François, il y a une distinction claire entre traiter quelqu’un avec dignité (ou, si j’ose dire, avec un amour fraternel), et embrasser une idée qui contredit la doctrine Catholique. Les types de droits qui accompagnent les unions civiles (les choses comme les assurances vie, les droits d’héritage, les taxes, la possibilité de visiter une personne à l’hôpital) ne doivent pas être restreints à la façon dont la personne vit en conformité totale à la doctrine morale Catholique …

Le Cardinal Bergoglio n’a pas été le premier éminent archevêque à exprimer la tolérance envers de type d’ouverture aux unions civiles. En 1997, l’archevêque William Levada rédiga une colonne dans First Thing défendant ce qui était qualifié comme étant la solution de « San Francisco ». En tant qu’archevêque de San Francisco, Levada (qui fut plus tard nommé préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi) a expliqué comment il a décidé de répondre à une ordonnance/un décret de San Francisco autorisant les unions civiles de même sexe. Le résultat fut que les employeurs furent obligés de verser de l’argent aux partenaires de même sexe de leurs employés, tout comme ils l’auraient fait pour un conjoint (marié).

Pour trouver un « compromis » , Levada a proposé que plutôt que de verser de l’argent à une personne selon le critère qu’elle soit un conjoint (dans le cadre du mariage) ou un partenaire de même sexe, le montant soit accordé à une seconde personne dans le foyer, sans tenir compte de la relation…

En dépit de sa réputation de traditionnaliste insistant – l’archevêque actuel de San Francisco, Salvatore Cordileone, a apporté une des défenses des mots du Pape François les plus fortes parmi tout l’épiscopat américain. Dans une annonce officielle, il a expliqué l’approche de l’Église :

<< Dans l’audience des évêques de notre région avec le Pape François de Janvier dernier durant notre visite ad limina (la visite diocésaine que les évêques font tous les cinq ans au Vatican), le sujet des unions civiles a été évoqué dans la conversation. Le Saint Père a clairement fait la distinction entre un arrangement civil qui accorde des avantages mutuels à deux personnes, et le mariage. Le premier ne peut en aucun cas être assimilé au mariage, qui reste unique.
J’ajouterais qu’une union civile de ce type (qui n’est pas équivalente au mariage) doit être aussi inclusive que possible, et ne doit pas être restreinte à deux personnes de même sexe qui vivent une relation sexuelle présumée. Il n’y a pas de raison, par exemple, pour laquelle un frère et une sœur, chacun n’étant pas marié et se soutenant mutuellement, ne puissent pas accéder à ce type d’avantage. Le mariage est unique car c’est la seule institution qui relie les enfants à leurs mères et leurs pères, et c’est pourquoi il s’agit d’une relation sexuelle présumée. En effet, la relation sexuelle que le mariage est présumé impliquer est la seule par laquelle les enfants sont faits naturellement. La nature du mariage, la place de la sexualité dans une vie vertueuse, ces grands enseignements de l’Église nous viennent de Dieu, et sont illuminés par la raison, et ne changent pas. >>

Je dois admettre que j’ai été surpris par le nombre écrasant de réaction à cette histoire aujourd’hui. En tant que quelqu’un qui a suivi François de près depuis le début de son pontificat et est devenu familier avec ses pensées et ses perspectives, rien d’inhabituel ou de remarquable ne m’a frappé à propos de ses commentaires. Les paroles de François n’ont ni été une première, ni été incohérents par rapport à ce qu’il a dit dans le passé. Ceux qui ont espéré que ça soit un moment décisif ou un changement dans l’enseignement de l’Église à propos de la sexualité humaine seront déçus. Ceux qui ont imaginé que ces paroles ont en quelque sorte signifiées que le Pape François avait transgressé une doctrine intègre sont aussi totalement dans l’erreur.

Le Père Augustino Torres, dans une vidéo Instagram, (“The Pope Was Misquoted AGAIN!”) a exprimé sa croyance selon laquelle le Saint Père a encore une fois été la victime d’une mauvaise traduction Anglaise. Je suis si choqué que je pense que je vais m’évanouir ! J’ai vu cela tant de fois que j’en ai perdu le décompte. C’est à peu près aussi habituel que de trouver de l’eau à côté d’un poisson.

Il est réconfortant de voir que CNA, après avoir joué un grand rôle dans la controverse initiale, ait pensé bon de la clarifier avec beaucoup plus de profondeur. JD Flynn a écrit l’article, « Francis say about civil unions? A CNA Explainer” (10-21-20). Je cite encore une fois en détail, pour le souci de mes lecteurs :

Alors que le Pape n’a pas donné plus de détail sur ces remarques dans la vidéo, le Pape François a parlé avant, pour encourager les parents et les proches à ne pas ostraciser ni bannir les enfants qui se sont identifiés comme LGBT. Cela semble être le sens selon lequel le Pape a parlé à propos des droits des personnes à être membre d’une famille. D’aucun ont suggéré que lorsque le Pape François a parlé d’un « droit à la famille », le Pape avait proposé une sorte d’approbation implicite pour l’adoption par les couples de même sexe. Mais le Pape a déjà parlé contre de telles adoptions, disant que dans ce cas, les enfants sont « privés de leur développement humain donné par un père et une mère et voulu par Dieu », et déclarant que « chaque personne a besoin d’une père mâle et d’une mère femelle pour les aider à constituer leur identité »…
Qu’est ce que le Pape François a dit sur le mariage pour les personnes de même sexe ?
Rien. Le sujet du mariage pour les personnes de même sexe n’a pas même été évoqué dans le documentaire. Dans son ministère, le Pape François a fréquemment affirmé l’enseignement doctrinal de l’Église Catholique, à savoir que le mariage est une union à vie entre un homme et une femme. Alors que le Pape François a fréquemment encouragé une tendance accueillante pour les Catholiques qui s’identifient comme étant LGBT, le Pape a aussi dit que le « mariage est entre un homme et une femme » et que « la famille est menacée par les efforts croissants de redéfinition du mariage de la part de certains, « et que les efforts de redéfinition du mariage « menacent de défigurer le plan de Dieu pour la création. » …
Certaines personnes ont dit que le Pape a enseigné l’hérésie. Est-ce vrai ?
Non. Les remarques du Pape n’ont ni nié ni remis en question quelques vérités doctrinales que les Catholiques doivent garder ou croire. En réalité, le Pape a fréquemment affirmé l’enseignement doctrinal de l’Église concernant le mariage.
Qu’est ce que l’Église enseigne sur l’homosexualité?
Le Catéchisme de l’Église Catholique (CEC 2358) enseigne que ceux qui s’identifient comme LGBT  »doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste. Ces personnes sont appelées à réaliser la volonté de Dieu dans leur vie, et si elles sont chrétiennes, à unir au sacrifice de la croix du Seigneur les difficultés qu’elles peuvent rencontrer du fait de leur condition. » Le Catéchisme suggère que les inclinations homosexuelles sont « objectivement désordonnées » les actes homosexuels sont « contraires à la loi naturelle » et ceux qui s’identifient comme homosexuels sont, comme toute personne, appelés à la vertu de chasteté.

Maintenant [j’ai découvert cela dans la matinée en me réveillant], le Dr. Pedro Gabriel a apporté son article très utile: “Those Pope Francis quotes: Video editing and media controversy” (WherePeter Is, 10-22-20) . Je le cite en détail :

Ce que le Pape dit selon sa qualité privée dans un documentaire ne constitue pas une « position officielle du Vatican » , et ça n’est pas magistériel.

Malgré cela, une cacophonie en a résulté, dans laquelle les voix habituelles ont utilisé cette preuve – encore une fois – et déclaré que le Pape François est hétérodoxe. Heureusement, au milieu de cette cacophonie, certaines personnes sur les réseaux sociaux ont apparemment pu mettre la main sur cette séquence incendiaire. Nous pouvons la consulter ici.

Après un peu de recherche, j’ai découvert que ces séquences ne proviennent pas du documentaire mais d’une interview de 2019 que le Pape a accordé à la journaliste Mexicaine Valentina Alazraki. La vidéo de l’interview complète peut être visionnée ici.
La partie où le Pape François mentionne que les homosexuels ont le droit d’avoir une famille survient après la 56ème minute. S’il vous plaît, notez attentivement les paroles, le fond, le ton de la voix, et les gestes du Pape correspondant à la séquence vidéo, donc il est presque clair que ceci est la source primaire.
Ci-dessous se trouve ma traduction de ce que le Pape a dit dans son contexte global, nous pouvons voir en rouge les parties qui en ont été citées :

 »On m’a posé une question, une fois, dans l’avion – cela m’a ensuite mis en colère, cela m’a mis en colère à cause de la façon dont les médias l’ont rapporté – à propos de l’intégration dans la famille des personnes avec des orientations homosexuelles, et j’ai dit : les personnes homosexuelles ont le droit d’être membre d’une famille, les personnes avec des orientations homosexuelles ont le droit d’être dans une famille et les parents ont le droit de reconnaître ce fils comme homosexuel, cette fille comme homosexuelle. Personne ne devrait être banni d’une famille ou rendu misérable à cause de cela.

Autre chose – j’ai dit – lorsque nous voyons des signes chez les enfants lorsqu’ils grandissent, et ensuite vous les envoyez chez eux… J’aurais dû dire un ‘professionnel’, mais j’ai dit ‘psychiatre’. Je voulais dire un professionnel, parce que quelques fois, il y a des signes dans l’adolescence ou la pré-adolescence où ils ne savent pas s’il s’agit d’une tendance homosexuelle ou si la glande du thymus s’est atrophiée avec le temps– je ne sais pas, mille choses, non ? Donc un professionnel. La une des journaux a relaté : ‘Le Pape envoie les homosexuels chez le psychiatre’. Ça n’est pas vrai! Ils m’ont posé une question et j’ai encore répété : « Ils sont fils de Dieu, ils ont le droit d’avoir une famille, et ainsi de suite« . Il y a autre chose … et j’ai expliqué : j’ai eu tort en utilisant ce mot mais je voulais dire cela : ‘Quand vous remarquez quelque chose de bizarre’ … « Ah, c’est bizarre… ». Non, ça n’est pas bizarre. C’est quelque chose hors de l’ordinaire. En d’autres mots, ils ont pris un petit mot pour défaire le contexte. Ici, ce que j’ai dit était : ‘ils ont le droit d’avoir une famille’. Et cela ne signifie pas approuver les actes homosexuels, pas le moins du monde. »

Je trouve intéressant la façon dont le Pape parle ici des médias qui prennent ses mots hors de leur contexte. Je trouve aussi intéressant que le Pape ait tout particulièrement dit que cela ne signifie nullement l’approbation des actes homosexuels. Ceci modifie complètement les implications de la citation qui nous a été présentée. Bien entendu, si vous lisez l’interview en entier, vous verrez le Pape fulminer contre l’avortement et explicitement affirmer : « Je suis un conservateur. » Ce qui est encore plus intéressant est que les citations de la séquence qui ont été prélevées du documentaire ont été mélangées. De plus, il n’est absolument pas fait référence aux unions homosexuelles dans l’interview – ou au moins dans le script officiel …

La façon dont l’aperçu de la vidéo réarrange l’ordre dans lequel les mots apparaissent en réalité dans l’interview doit nous faire réfléchir. Peut-être qu’après avoir visionné l’interview dans son contexte complet, nous aurons une impression différente de ses paroles dans leur ensemble, tout particulièrement puisque le Saint Père utilise le terme de « convivencia civil » qui peut signifier « union civile » ou « coexistence civile ». S’il voulait dire « coexistence civile », il peut avoir voulu se référer aux lois qui protègent les droits de l’homme des homosexuels… Nous avons déjà vu, à partir de ce que nous savons de la séquence vidéo, qu’il a été cité radicalement hors du contexte, et que les phrases ont été séparées, puis sélectionnées et recousues ensemble avec créativité, donnant l’impression qu’il a pensé quelque chose qu’il n’a pas réellement pensé. La partie où il mentionne que les homosexuels doivent avoir une famille signifie que les homosexuels ne doivent pas être marginalisés par les membres de leur famille, tout particulièrement les enfant homosexuel. Mais la façon dont cela a été présentée nous poussait implicitement à penser qu’il parlait des unions homosexuelles parce qu’ils avaient un droit à la famille. Donc, peut être a-il été encore une fois mal cité en parlant des unions civiles ?

Finalement, nous entendons des refrains des ‘bashers’ du Pape et même des ‘pinailleurs papaux’ aujourd’hui : « Pourquoi est ce que les paroles du Pape François doivent toujours être longuement expliquées par les apologistes ? Ça n’était pas le cas avec le Pape Benoît et le Pape St Jean Paul II. » Ce à quoi je réponds :

J’ai passé de nombreuses heures à défendre le Pape St. Jean Paul II à propos de l’incident du « baiser du coran » et des conférences œcuméniques d’Assise. Au moment de sa mort, les réactionnaires l’ont regardé comme étant un électron libre libéral. Il était aussi constamment accusé d’écrire des encycliques Byzantines trop longues.
*
Et bien entendu, Jésus fut immensément plus mal compris que le Pape François ne l’a jamais été : accusé d’être possédé par un démon et hors de Son esprit, d’être un meurtrier …
*
La Bible et la doctrine Catholique orthodoxe et Jésus ont encore besoin d’apologistes pour les défendre contre les absurdités et les mauvaises interprétations chaque jour. Et ils sont inspirés et infaillibles et parfaits. Donc c’est à peu près aussi surprenant que le soleil se lèvera demain.

***
Photo credit : damonj74 (11-26-05): Chicken Little [Flickr / CC BY-NC 2.0 license]
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