Mgr Fernando Arêas Rifan sur la liberté religieuse

La Déclaration conciliaire Dignitatis humanae sur la liberté religieuse fut l’un des textes les plus utilisés par les modernistes pour propager leurs idées. Beaucoup la comprirent comme une approbation de l’indifférentisme religieux, du laïcisme, du relativisme doctrinal et de la liberté morale de faire n’importe quoi, doctrines déjà condamnées par le Magistère antérieur.

La partie du texte qui soulève le plus de polémique est le numéro 2 de la Déclaration :

« Ce concile du Vatican déclare que la personne humaine a droit à la liberté religieuse. Cette liberté consiste en ce que tous les hommes doivent être soustraits à la contrainte de la part tant des individus que des groupes sociaux et de quelque pouvoir humain que ce soit, de telle sorte qu’en matière religieuse nul ne soit forcé d’agir contre sa conscience ni empêché d’agir, dans de justes limites, selon sa conscience, en privé comme en public, seul ou associé à d’autres. Il déclare, en outre, que le droit à la liberté religieuse a son fondement dans la dignité même de la personne humaine telle que l’ont fait connaître la parole de Dieu et la raison elle-même. [cf. Pacem in Terris] Ce droit de la personne humaine à la liberté religieuse dans l’ordre juridique de la société doit être reconnu de telle manière qu’il constitue un droit civil.
En vertu de leur dignité, tous les hommes, parce qu’ils sont des personnes, c’est-à-dire doués de raison et de volonté libre, et, par suite, pourvus d’une responsabilité personnelle, sont pressés, par leur nature même, et tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité. Or, à cette obligation, les hommes ne peuvent satisfaire, d’une manière conforme à leur propre nature, que s’ils jouissent, outre de la liberté psychologique, de l’immunité à l’égard de toute contrainte extérieure.
Ce n’est donc pas sur une disposition subjective de la personne, mais sur sa nature même, qu’est fondé le droit à la liberté religieuse. C’est pourquoi le droit à cette immunité persiste en ceux-là même qui ne satisfont pas à l’obligation de chercher la vérité et d’y adhérer ; son exercice ne peut être entravé, dès lors que demeure sauf un ordre public juste ».

— Dignitatis Humanae, n°2

Des théologiens traditionalistes en diverses occasions ont démontré la non-contradiction entre le texte conciliaire de la déclaration Dignitatis humanae en sa formulation objective et la doctrine traditionnelle sur la matière. L’abbé Julio Meinvielle, parlant de la cohérence interne entre l’une et l’autre doctrines affirme :

« un changement et une modification de celle-ci sur un point aussi important et vital que le fait religieux, mettrait en question très sérieusement l’assistance de l’Esprit Saint au magistère de l’Église et aussi, par le fait même, la sainteté de l’Église elle-même ».

— Abbé Julio MEINVIELLE, La déclaration conciliaire sur la liberté religieuse et la doctrine traditionnelle, appendice II du livre De Lamennais à Maritain, Buenos Aires, Ediciones Theoria, 1967.

Avant tout, il importe de comprendre les raisons et les circonstances de ce document, d’ailleurs expliquées par lui-même :

« il est des régimes, où, […] les pouvoirs publics eux-mêmes s’efforcent de détourner les citoyens de professer la religion et de rendre la vie des communautés religieuses difficile et précaire […] Dénonçant avec tristesse ces faits déplorables, le saint concile demande aux catholiques, mais prie aussi instamment tous les hommes, d’examiner avec le plus grand soin à quel point la liberté religieuse est nécessaire, surtout dans la condition présente de la famille humaine ».

— Déclaration Dignitatis humanae, 15.

Durant l’époque où fut faite cette Déclaration conciliaire, approximativement deux tiers de la chrétienté et une grande partie du monde entier étaient sous l’esclavage de la dictature communiste athée : l’Union Soviétique et ses satellites, de la Chine à Cuba, du Vietnam à l’Ukraine, y compris plus particulièrement les pays totalement catholiques de Pologne, Lituanie et Slovaquie, tous réduits en esclavage par le régime communiste. Alors des millions de catholiques étaient empêchés de pratiquer leur religion, terrorisés et punis dans les pays de régime communiste. C’était cette situation et ces circonstances qu’avaient à l’esprit le pape et les évêques lorsqu’ils promulguèrent Dignitatis humanae et proclamèrent que l’être humain a le droit à la liberté religieuse au point de vue politique, c’est-à-dire l’immunité de coercition de la part de l’État dans la pratique religieuse.

En outre, le sens authentique et exact du texte conciliaire, que le pape et les Pères conciliaires promulguèrent, avait été donné dès le départ, dans le Rapport officiel sur la liberté religieuse, présenté par Mgr Émile De Smedt, évêque de Bruges, en Belgique, aux Pères conciliaires, avec le « nihil obstat » de la Commission théologique du concile, dans les termes suivants :

« l’expression “liberté religieuse” a un sens déterminé. Dans nos débats, une grande confusion s’instaurerait si des Pères allaient attribuer à cette expression un autre sens que celui qui lui est donné dans ce texte.

En défendant la liberté religieuse, on ne prétend pas qu’il appartient à l’homme d’envisager le problème religieux comme il lui plaît, sans admettre aucune obligation morale, et de décider à son gré s’il embrassera la religion ou non (indifférentisme religieux) ;
— On n’affirme pas que la conscience humaine est libre en ce sens qu’elle n’est soumise à aucune loi, c’est-à-dire dégagée de toute obligation envers Dieu (laïcisme) ;
— On ne dit pas que l’erreur doit avoir les mêmes droits que la vérité, comme s’il n’y avait aucune norme objective de vérité (relativisme doctrinal) ;
— On n’admet pas non plus que l’homme a, d’une certaine façon, comme un droit à se complaire tranquillement dans l’incertitude (pessimisme dilettante).
Si quelqu’un persistait à vouloir attribuer un de ces sens à l’expression “liberté religieuse”, il prêterait à notre texte un sens qui n’est ni dans les mots ni dans notre intention […]».

— [N.d.T. 1er rapport oral de Mgr Émile DE SMEDT, Congrégation générale 70e, 19 nov. 1963 : Acta Synodalia, II/V, p. 491-492 ; trad. franç. : DC, 1964, 71-81].

Pour éviter toutes les formes d’interprétations incorrectes, la déclaration s’efforça d’être bien claire dans le n° 1, qui doit être lu évidemment avant le n° 2, d’autant qu’il l’éclaire et lui donne sa véritable portée :

« tout d’abord, le concile professe que Dieu a lui-même fait connaître au genre humain la voie par laquelle, en le servant, les hommes peuvent obtenir le salut et parvenir à la béatitude. Cette unique vraie religion, nous croyons qu’elle subsiste dans l’Église catholique et apostolique à qui le Seigneur Jésus a confié le mandat de la faire connaître à tous les hommes, lorsqu’il dit aux apôtres : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, et leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit » Mt 28,19-20. Tous les hommes, d’autre part, sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et, quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles.
De même encore, le concile professe que ces devoirs concernent la conscience de l’homme et l’obligent, et que la vérité ne s’impose que par la force de la vérité elle-même qui pénètre l’esprit avec autant de douceur que de puissance. Or, puisque la liberté religieuse que revendique l’homme dans l’accomplissement de son devoir de rendre un culte à Dieu concerne son immunité de contrainte dans la société civile, elle ne porte aucun préjudice à la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral de l’homme et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ. En outre, en traitant de cette liberté religieuse, le saint concile entend développer la doctrine des Souverains Pontifes les plus récents sur les droits inviolables de la personne humaine et l’ordre juridique de la société ».

Le concile, par conséquent, enseigne, au point de vue naturel, un droit à ne pas être, par l’État, forcé ni empêché d’agir, dans de justes limites, en matière religieuse. C’est-à-dire que le concile affirme que dans ce domaine de la conscience, il existe une absence de juridiction, une relative incompétence du pouvoir civil. Cette incompétence est véritable mais non absolue, puisque l’autorité civile peut et doit reconnaître la vraie religion et l’Église catholique. Elle découle de la transcendance de la sphère religieuse — les relations des personnes avec Dieu — par rapport à l’ordre terrestre et temporel, fin propre de l’État (cf. DH 3).

Mais le concile affirme seulement un droit négatif, sans concéder aucun droit affirmatif aux personnes relativement aux actes non conformes à la vérité et au bien dans le domaine religieux.

Il n’y a donc pas de réelle contradiction entre ce qu’enseignait le Bienheureux pape Pie IX et ce qu’enseigne Dignitatis humanaeEn d’autres termes, Pie IX, dans l’encyclique Quanta cura et dans le Syllabus condamna la liberté religieuse dans la perspective libérale et maçonnique de la Révolution française, qui soutient l’indifférentisme de l’État, l’égalité de toutes les religions et la liberté morale de l’homme pour choisir toute religion qu’il voudrait. Dignitatis humanae défend la liberté politique, civile « elle a trait à l’immunité de coercition dans la société civile », mais non à la liberté morale.

Ainsi, les choses étant remises dans leur contexte, il n’y a pas de vraie contradiction, et il ne pourrait pas y en avoir, dans ces documents du même Magistère de l’Église, assisté par l’Esprit Saint de Dieu.

Même dans le n° 2, le document conciliaire soulignait que tous les hommes sont

« tenus, par obligation morale, à chercher la vérité, celle tout d’abord qui concerne la religion. Ils sont tenus aussi à adhérer à la vérité dès qu’ils la connaissent et à régler toute leur vie selon les exigences de cette vérité ».

— Dignitatis Humanae n°2

Et, en affirmant, au n° 1, que les individus et les sociétés (États) ont l’obligation morale qu’enseigne la doctrine catholique traditionnelle relativement à la vraie religion et à l’unique Église du Christ, le concile a exclu l’agnosticisme et l’indifférentisme de l’État, que certains supposaient découler de ce document. Le concile affirme que l’État ne peut pas interférer dans l’aire de la conscience des personnes, ni en les forçant à agir contre leur conscience, ni en les empêchant d’agir selon leur conscience, du moins à l’intérieur de justes limites, lesquelles doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l’autorité civile selon des « normes juridiques, conformes à l’ordre moral objectif ».[cf. Dignitatis humanae, 7. Cf. CEC 2109].

Affirmer la limite de juridiction de l’État ne signifie pas lui dénier le devoir de reconnaître la vraie religion et l’Église catholique, de l’aider dans sa mission, de la protéger et de rendre un culte public à Dieu et au Christ-Roi.

Et quand le concile affirme qu’est laissée « intacte la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés envers la vraie religion et l’unique Église du Christ »;[cf. Dignitatis humanae, 1] il est en train d’affirmer que continuent à être en vigueur les principes enseignés par les encycliques Mirari vos (Grégoire XVI), Quanta cura (Pie IX), Mortalium animos, Quas primas (Pie XI) et tout l’enseignement traditionnel sur le règne social du Christ-Roi.

Le concile défend donc la laïcité de l’État, entendue dans le sens de la distinction entre les sphères politique et religieuse [cf. Gaudium et Spes, 76], laquelle « est une valeur acquise et reconnue par l’Église, appartenant au patrimoine de civilisation atteint » ; [cf. Note doctrinale de la CDF du 24/11/2002] mais non la laïcité conçue comme autonomie par rapport à la loi morale [cf. Compendium de la Doctrine Sociale de l’Eglise, 576], ni le laïcisme ou agnosticisme de l’État, qui serait une indifférence par rapport à la vraie religion.

Et le document conciliaire dit en outre, en excluant toute forme d’indifférentisme :

« Mais les fidèles du Christ, pour se former la conscience, doivent prendre en sérieuse considération la doctrine sainte et certaine de l’Église (cf. PIE XII, Radiomessage 23/03/1952 ; AAS, 1952, p. 270-278). De par la volonté du Christ, en effet, l’Église catholique est maîtresse de vérité ; sa fonction est d’exprimer et d’enseigner authentiquement la vérité qui est le Christ, en même temps que de déclarer et de confirmer, en vertu de son autorité, les principes de l’ordre moral découlant de la nature même de l’homme. En outre, les chrétiens doivent aller avec sagesse au- devant de ceux qui sont au-dehors, et s’efforcer “dans l’Esprit-Saint, avec une charité sans feinte, dans la parole de vérité” (2 Co 6,6-7) de répandre la lumière de vie en toute assurance et courage apostolique, jusqu’à l’effusion de leur sang ».

— Dignitatis Humanae, 14

Et le document conciliaire expose les racines qu’a cette doctrine dans la Divine Révélation.[cf. Dignitatis Humanae 9-12].

La Déclaration conciliaire fut promulguée (et c’est cela qui en fait un document du Magistère), avec les mots officiels que nous avons cités plus haut (cf. § 2. Valeur des documents du concile Vatican II). Suivaient les signatures des Pères conciliaires (parmi lesquelles on trouve celles de Dom Antônio de Castro Mayer et de Mgr Marcel Lefebvre).

Le Catéchisme de l’Église catholiqueautre acte du Magistère, promulgué par le pape Jean‑Paul II, « en vertu de l’autorité apostolique » par la Constitution apostolique Fidei depositumexplique avec clarté dans quel sens l’Église veut enseigner la liberté :

« L’exercice de la liberté n’implique pas le droit de tout dire et de tout faire. Il est faux de prétendre que “l’homme, sujet de la liberté, se suffit à lui-même en ayant pour fin la satisfaction de son intérêt propre dans la jouissance des biens terrestres”.[cf. Instruction Libertatis conscientia, 13] […] En s’écartant de la loi morale, l’homme porte atteinte à sa propre liberté, il s’enchaîne à lui-même, rompt la fraternité de ses semblables et se rebelle contre la vérité divine ».

— Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1740

« Le droit à l’exercice de la liberté est une exigence inséparable de la dignité de l’homme, notamment en matière religieuse et morale. Mais l’exercice de la liberté n’implique pas le droit supposé de tout dire ni de tout faire. “C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés” (Ga 5,1) ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 1747-1748

« “Tous les hommes sont tenus de chercher la vérité, surtout en ce qui concerne Dieu et son Église ; et quand ils l’ont connue, de l’embrasser et de lui être fidèles” (DH 1). Ce devoir découle de “la nature même des hommes” (DH 2). Il ne contredit pas un “respect sincère” pour les diverses religions qui “apportent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes” (NA 2), ni l’exigence de la charité qui presse les chrétiens “d’agir avec amour, prudence, patience, envers ceux qui se trouvent dans l’erreur ou dans l’ignorance de la foi” (DH 14). Le devoir de rendre à Dieu un culte authentique concerne l’homme individuellement et socialement. C’est là “la doctrine catholique traditionnelle sur le devoir moral des hommes et des sociétés à l’égard de la vraie religion et de l’unique Église du Christ [DH 1]”. En évangélisant sans cesse les hommes, l’Église travaille à ce qu’ils puissent “pénétrer d’esprit chrétien les mentalités et les mœurs, les lois et les structures de la communauté où ils vivent [AA 13]”. Le devoir social des chrétiens est de respecter et d’éveiller en chaque homme l’amour du vrai et du bien. Il leur demande de faire connaître le culte de l’unique vraie religion qui subsiste dans l’Église catholique et apostolique [cf. DH 1]. Les chrétiens sont appelés à être la lumière du monde [cf. AA 13]. L’Église manifeste ainsi la royauté du Christ sur toute la création et en particulier sur les sociétés humaines [cf. LÉON XIII, Encycl. Immortale Dei ; PIE XI, Encycl. Quas primas, sur le Christ-Roi] ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2104-2105

« Le droit à la liberté religieuse n’est ni la permission morale d’adhérer à l’erreur (cf. LÉON XIII, Encycl. Libertas præstantissimum), ni un droit supposé à l’erreur (cf. PIE XII, discours du 6 décembre 1953), mais un droit naturel de la personne humaine à la liberté civile, c’est-à-dire à l’immunité de contrainte extérieure, dans de justes limites, en matière religieuse, de la part du pouvoir politique. Ce droit naturel doit être reconnu dans l’ordre juridique de la société de telle manière qu’il constitue un droit civil (cf. DH 2) ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2108

« Le droit à la liberté religieuse ne peut être de soi ni illimité (cf. PIE VI, bref Quod aliquantum), ni limité seulement par un “ordre public” conçu de manière positiviste ou naturaliste (cf. PIE IX, Encycl Quanta cura). Les “justes limites” qui lui sont inhérentes doivent être déterminées pour chaque situation sociale par la prudence politique, selon les exigences du bien commun, et ratifiées par l’autorité civile selon des “règles juridiques conformes à l’ordre moral objectif” (DH 7) ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2108

« Toute institution s’inspire, même implicitement, d’une vision de l’homme et de sa destinée, d’où elle tire ses références de jugement, sa hiérarchie des valeurs, sa ligne de conduite. La plupart des sociétés ont référé leur institutions à une certaine prééminence de l’homme sur les choses. Seule la Religion divinement révélée a clairement reconnu en Dieu, Créateur et Rédempteur, l’origine et la destinée de l’homme. L’Église invite les pouvoirs politiques à référer leurs jugements et leurs décisions à cette inspiration de la Vérité sur Dieu et sur l’homme :
Les sociétés qui ignorent cette inspiration ou la refusent au nom de leur indépendance par rapport à Dieu, sont amenées à chercher en elles-mêmes ou à emprunter à une idéologie leurs références et leur fin, et, n’admettant pas que l’on défende un critère objectif du bien et du mal, se donnent sur l’homme et sur sa destinée un pouvoir totalitaire, déclaré ou sournois, comme le montre l’histoire (cf. CA 45 ; CA 46) ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2244

« L’Église qui, en raison de sa charge et de sa compétence, ne se confond d’aucune manière avec la communauté politique, est à la fois le signe et la sauvegarde du caractère transcendant de la personne humaine. “L’Église respecte et promeut la liberté politique et la responsabilité des citoyens” (GS 76) ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2245

« Il appartient à la mission de l’Église de “porter un jugement moral, même en des matières qui touchent le domaine politique, quand les droits fondamentaux de la personne ou le salut des âmes l’exigent, en utilisant tous les moyens, et ceux-là seulement, qui sont conformes à l’Évangile et en harmonie avec le bien de tous, selon la diversité des temps et des situations” (GS 76) ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2246

« L’autorité publique est tenue de respecter les droits fondamentaux de la personne humaine et les conditions d’exercice de sa liberté ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2254

« Le devoir des citoyens est de travailler avec les pouvoirs civils à l’édification de la société dans un esprit de vérité, de justice, de solidarité et de liberté ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2255

« Le citoyen est obligé en conscience de ne pas suivre les prescriptions des autorités civiles quand ces préceptes sont contraires aux exigences de l’ordre moral. “Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes” (Act 5,29) ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2256

« Toute société réfère ses jugements et sa conduite à une vision de l’homme et de sa destinée. Hors des lumières de l’Évangile sur Dieu et sur l’homme, les sociétés deviennent aisément totalitaires ».

Catéchisme de l’Eglise Catholique, 2257

C’est dans ce sens catholique, donné par le Magistère, que nous acceptons la liberté religieuse.

Tout autre acception, moderniste, iréniste, indifférentiste, laïciste ou relativiste, de la liberté religieuse, différente de celle qu’a expliquée le Magistère ci-dessus, appartient à « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture » qui caractérise le mauvais « esprit du concile » stigmatisé par le pape Benoît XVI dans son discours à la Curie romaine du 22 décembre 2005.

Comme nous l’avons affirmé plus haut, ce n’était pas l’objectif spécifique de la présente Orientation pastorale d’analyser complètement tous les aspects de la liberté religieuse du concile, ni l’opportunité ou non de ce document, ni son application pratique, ni la question de savoir s’il ne peut pas être amélioré dans sa formulation, ou requérir plus de précisions de la part de la hiérarchie de l’Église. Nous avons voulu simplement démontrer la non-contradiction doctrinale entre ce document et les autres du Magistère, son autorité de document du Magistère suprême de l’Église, avec tout le respect qui lui est dû comme tel, l’impossibilité qu’il contienne des erreurs doctrinales, et ainsi mettre à l’abri l’indéfectibilité de l’Église et de sa doctrine, laquelle découle de l’assistance continue du divin Esprit Saint.


Source : Extrait de l’ouvrage de Monseigneur Fernando Arêas Rifan « LE MAGISTÈRE VIVANT DE L’ÉGLISE  » , deuxième partie : Conséquences, applications ; Deuxième conséquence : Application de ces principes théologiques au Concile Vatican II ; § 7

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