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Pourquoi les détracteurs du Pape ressemblent à Luther

Cet article a été traduit de l’anglais et réadapté depuis l’article de David Wanat publié sur  wherepeteris.com.


Je prendrai un exemple de plus. Un homme est converti à l’Eglise Catholique par admiration pour son système religieux, et son dégoût du Protestantisme. Cette admiration demeure; mais, après quelque temps, il quitte sa nouvelle foi, voire retourne à l’ancienne. La raison, si nous pouvons conjecturer, pourrait parfois être celle-ci: il n’a jamais cru en l’infaillibilité de l’Eglise; il a cru en sa vérité doctrinale, mais en son infaillibilité, non. On lui avait demandé, avant de le recevoir, s’il croyait en tout ce que l’Eglise enseignait, et il avait répondu que oui; mais il avait compris la question comme s’il s’agissait de croire en ces doctrines particulières que « l’Eglise a formellement enseigné jusqu’à présent », tandis qu’il s’agissait en vérité de croire en « tout ce que l’Eglise a enseigné et pourrait enseigner à l’avenir ». Ainsi, il n’a jamais eu la foi indispensable et élémentaire d’un Catholique, et n’était tout simplement pas sujet à la réception dans le bercail de l’Eglise. Cela étant, quand l’Immaculée Conception est définie, il a le sentiment que c’est quelque chose de plus que ce pourquoi il s’était engagé en devenant Catholique, et par conséquent, abandonne sa profession religieuse. Le monde dira qu’il a perdu sa certitude en la divinité de la foi Catholique, mais il ne l’a jamais eu.

— Saint John Henry Newman, Grammaire de l’assentiment, p. 240 — traduit depuis la version anglaise

Les conséquences persistantes du Synode d’Amazonie rappellent qu’il y a un certain danger qui tourne autour de l’Eglise malgré les innombrables tentatives de l’éliminer au cours des deux derniers millénaires.

Ce danger est une croyance qui stipule que l’Eglise peut tomber dans l’erreur, mais pas ceux qui la critiquent [NdA : les dissidents]. Que le rejet de l’Eglise de la part d’un dissident soit enraciné dans une hérésie basée sur la façon dont il lit les Écritures, ou qu’il s’agisse tout simplement d’un schisme basé sur une interprétation différente de la discipline de l’Église, le fait étant qu’il se soit fait « Pape » lui-même, qu’il insiste sur sa propre vision de l’Église tout en rejetant l’autorité de la vraie. Par conséquent, nous voyons des gens répéter encore et encore les mêmes erreurs, convaincus que les mensonges qui leur ont été racontés sont véritables. Tout au long de l’Histoire, et tout particulièrement durant ce pontificat, le résultat a été une tragédie répétée.

Répétition d’erreurs logiques

Les dissidents ruinent leur foi et le nient de la même façon parce qu’ils définissent l’hérésie et / ou le schisme d’une manière indûment limitée. Puisqu’ils ne croient pas aux faux enseignements de Tertullien, Sabellius, Arius, Nestorius, Berengarius, Wycliffe, Luther, etc., etc. ils pensent que – parce qu’ils ne professent pas les mêmes erreurs – ils ne sont pas coupables de ce que ces hérétiques ont fait. Mais ce faisant, ils embrassent l’erreur logique de nier l’antécédent : en effet, ce n’est pas parce qu’on ne rompt pas avec l’Église pour les mêmes motifs que les autres qu’on ne se trompe pas. Par exemple :

  • Si je vis à Los Angeles, je vis en Californie.
  • Je ne vis pas à Los Angeles.
  • Du coup je ne vis pas en Californie.

Contrairement à ce que les médias pourraient penser, la Californie ce n’est pas que Los Angeles ! De même, contrairement à ce que les hérétiques et schismatiques peuvent penser, l’hérésie et le schisme implique beaucoup plus que les erreurs listées ci-dessus.

Répétition d’erreurs canoniques

L’Eglise définit des concepts comme l’hérésie et le schisme à la lumière de ce que rejettent ceux qui y adhèrent, et non en fonction des faux enseignements que des hérétiques et schismatiques en particulier pourraient professer.

« On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité; apostasie, le rejet total de la foi chrétienne; schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis. »

Canon 751 du Code de Droit Canonique de 1983

Si quelqu’un refuse de se soumettre au Pape sur une matière impliquant sa fonction (d’enseignement, de gouvernement), une telle personne commet un acte schismatique, qu’elle rejette formellement la Papauté dans son ensemble ou juste un acte spécifique. Plus encore, cela n’est pas limité aux enseignements ex cathedra du Pape. L’enseignement ordinaire du Pape est aussi autoritaire.

« Ce n’est pas vraiment un assentiment de foi, mais néanmoins une soumission religieuse de l’intelligence et de la volonté qu’il faut accorder à une doctrine que le Pontife Suprême ou le Collège des Évêques énonce en matière de foi ou de mœurs, même s’ils n’ont pas l’intention de la proclamer par un acte décisif; les fidèles veilleront donc à éviter ce qui ne concorde pas avec cette doctrine. »

Canon 752 du Code de Droit Canonique de 1983

Ce canon se fonde sur les enseignements officiels des anciens papes et conseils, notamment Pie IX (Syllabus #22), Pie XII (Humani Generis #20), et Lumen Gentium #25. On le trouve également à Vatican I et dans Unam Sanctam. Néanmoins, de nombreux dissidents « catholiques » qui rejettent les enseignements du Pape affirment que ceux qui prônent l’obéissance sont des ultra-montanistes ou des papolâtres [1] et que ce sont eux qui s’égarent. Cependant, la vérité est que s’ils refusent la soumission, ils se comportent de manière schismatique. Quand ils nient que la soumission n’est pas du tout requise, ils tiennent une position hérétique. Comme le Canon 331 nous le rappelle:

« L’Évêque de l’Église de Rome, en qui demeure la charge que le Seigneur a donnée d’une manière singulière à Pierre, premier des Apôtres, et qui doit être transmise à ses successeurs, est le chef du Collège des Évêques, Vicaire du Christ et Pasteur de l’Église tout entière sur cette terre; c’est pourquoi il possède dans l’Église, en vertu de sa charge, le pouvoir ordinaire, suprême, plénier, immédiat et universel qu’il peut toujours exercer librement. »

Canon 331 du Code de Droit Canonique de 1983

Puisque ces dissidents affirment qu’eux – et non le Pape – sont des catholiques fidèles, ils inventent une théologie douteuse qui, selon eux, les exempte d’obéir à tel Pape ou à tel Concile. Ils insistent sur le fait que les soi-disant «erreurs» enseignées par le Pape / Concile sont la preuve que ces enseignements et lois sur l’obéissance aux enseignements papaux n’ont pas d’autorité. Pour étayer leurs arguments, ils utilisent souvent des citations hors contexte ou des spéculations théologiques. Par exemple, beaucoup d’entre eux exploitent une des opinions théologiques de Saint Robert Bellarmin [2], selon laquelle si un Pape devient un hérétique manifeste, il cesse d’être Pape. Cela signifie que, si le Pape venait à rejoindre la secte des Témoins de Jéhovah par exemple, il renoncerait effectivement à ses fonctions en quittant l’Église catholique. Mais les dissidents confondent cette opinion avec trois positions que S. Robert Bellarmin a en fait rejetées : selon quoi l’Eglise peut le déposer. Il n’y a en fait aucune procédure pour destituer un pape (canon 1404), et l’idée que l’on peut faire appel à un concile contre le pape est l’hérésie du conciliarisme. En effet, le Droit Canonique (canon 1372) dit : « Qui recourt au Concile Œcuménique ou au Collège des Évêques contre un acte du Pontife Romain sera puni de censure. ».

Répétition d’erreurs théologiques et historiques

Puisqu’il n’y a pas de procédé canonique qui autorise quelqu’un dans l’Eglise à accuser, juger, ou déposer un Pape, quelques-uns essaient de pointer du doigt certains Papes moralement mauvais pour prétendre que parce qu’ils ont existé, le Pape actuel peut aussi être un mauvais Pape. Les dissidents aiment se persuader eux-mêmes qu’ils font comme Saint Paul qui s’opposait à Saint Pierre (Galates 2:11-14) en s’opposant au Pape François pour avoir « enseigné l’erreur ». Mais tandis que Saint Pierre et les mauvais Papes avaient des lacunes morales personnelles, les dissidents prétendent que le fait qu’un Pape peut être moralement mauvais signifie aussi qu’il peut enseigner l’erreur (un raisonnement fallacieux de non sequitur) et lorsqu’il le fait, il faudrait s’y opposer.

Le problème est le suivant : ni l’Ecriture ni l’histoire de l’Eglise ne peuvent justifier une telle position. Notre Seigneur a enseigné que les lacune morales d’un Pape ne lui retirent pas son autorité d’enseigner (cf. Matthieu 23:3). L’histoire de l’Eglise montre qu’un Pape moralement mauvais ne justifie pas la rébellion. Les Papes qui ont mal vécu moralement n’ont pas justifié la réforme protestante. Luther était obligé d’obéir au Pape, à son évêque et à ses supérieurs religieux. Il croyait qu’ils avaient erré, et que par conséquent, il n’était pas obligé de leur obéir. Si un Pape pouvait errer – et devrait être désobéi si on pense qu’il le fait – dans un enseignement du Magistère Ordinaire, alors on ne peut pas justifier l’affirmation selon laquelle Luther s’était trompé en refusant l’obéissance au Pape.

C’est pour cela que je dis que les dissidents sont comme Luther : non pas parce qu’ils ont la même théologie, mais parce qu’ils partagent la même attitude à l’égard de l’autorité de l’Eglise. Nous entendons souvent les dissidents dénoncer avec véhémence tout ce qu’ils n’aiment pas dans l’Eglise comme « protestant », ce qui est plutôt ironique car ils reproduisent le comportement de Luther envers les enseignements de l’Eglise qu’il détestait.

Certains dissidents vont jusqu’à utiliser le terme « antipape » à tort et à travers. Le terme est correctement utilisé pour distinguer celui qui usurpe la place du Pape contre le véritable Pape. Il y en a eu plusieurs dans l’histoire de l’Eglise, tous promus par ceux qui s’opposaient à l’issue d’un conclave ou à la discipline du vrai Pape.

Dans l’itération actuelle, certains dissidents prétendent que Benoît XVI a été contraint de quitter ses fonctions, et que le pape François a été installé par ses ennemis comme un antipape. Selon cet argument, tout ce que fait le Pape François est invalide. Le problème est qu’il n’y a aucune preuve. En utilisant une forme de sophisme du vrai Écossais, ils croient que tout ce que Benoît XVI a dit pour confirmer son renoncement à sa charge et sa reconnaissance du pape François a été «forcé». C’est une affirmation sédévacantiste qui est à peu près aussi stupide que l’idée que Saint-Paul VI serait un «prisonnier du Vatican pendant qu’un imposteur tiendrait sa place».

Répétition d’erreurs factuelles

Chaque fois que je lis les écrits de ceux qui se sont séparés de l’Église catholique, ils font tous de fausses déclarations au sujet de l’Église catholique qui prétendent montrer qu’elle « a erré » et donc qu’il serait légitime de lui désobéir. Par exemple, des hommes comme Saint Hippolyte (mort réconcilié avec l’Église) et Novatien, Luther et Calvin, Lefebvre, etc. ont traité les abus comme s’ils étaient des règles voulues par les Papes qu’ils n’aiment pas, ont tiré les Écritures ou les Pères de l’Eglise hors de leurs contextes, détourné les véritables intentions d’un enseignement etc. Malheureusement, les dissidents modernes font de même.

Par exemple, Luther a déformé les textes des Conciles de l’Église et de Saint Augustin afin de dépeindre une soi-disant « rupture » entre l’enseignement passé et l’enseignement de son temps. Calvin a considéré la vénération des images religieuses comme de l’idolâtrie. Ils ont opposé leurs conceptions personnelles de l’Église à leurs représentations de certains problèmes en celle-ci. Et ils l’ont fait sans répondre à la question: « Cette représentation est-elle vraie ? »

Comme nous l’avons vu également durant le Synode sur la Famille, et le voyons avec le Synode d’Amazonie, les dissidents décrivent autant que possible les textes et actes du Synode de manière négative. Ils opposent leur portrait négatif avec leur propres interprétations de ce que les Conciles passés et les anciens enseignements de l’Eglise ont dit. Ils ont insisté sur le fait que leur interprétation des événements était incontestable et factuelle, même si un grand nombre de catholiques contestaient leurs affirmations.

Cela a été vu le plus publiquement avec la réaction à la soi-disant idole Pachamama [3]. Le titre a été donné à un objet qui – d’après les témoignages de ceux qui l’ont apporté – n’avait aucune signification religieuse. Le nom est resté et a été adopté par les médias laïcs. Les critiques du Pape ont utilisé l’étiquette popularisée comme une «preuve» que c’était une idole (sophisme de pétition de principe), et lorsque le Pape l’a mentionnée en utilisant cette étiquette popularisée, les critiques l’ont saisi comme «preuve» qu’il «promouvait le paganisme», en dépit du fait que le Pape a déclaré qu’il n’y avait aucune intention de l’adorer et que le Vatican a précisé que l’usage du terme Pachamama était un usage courant et non une description technique.

Répétition du jugement téméraire

La réponse des dissidents a été en grande partie une violation de l’enseignement de l’Eglise sur le faux témoignage [4], comme le Catéchisme de l’Eglise Catholique le montre:

« 2477 Le respect de la réputation des personnes interdit toute attitude et toute parole susceptibles de leur causer un injuste dommage (cf. CIC, can. 220). Se rend coupable

– de jugement téméraire celui qui, même tacitement admet comme vrai, sans fondement suffisant, un défaut moral chez le prochain.

– de médisance celui qui, sans raison objectivement valable, dévoile à des personnes qui l’ignorent les défauts et les fautes d’autrui (cf. Si 21, 28).

– de calomnie celui qui, par des propos contraires à la vérité, nuit à la réputation des autres et donne occasion à de faux jugements à leur égard.

2478 Pour éviter le jugement téméraire, chacun veillera à interpréter autant que possible dans un sens favorable les pensées, paroles et actions de son prochain :

Tout bon chrétien doit être plus prompt à sauver la proposition du prochain qu’à la condamner. Si l’on ne peut la sauver, qu’on lui demande comment il la comprend ; et s’il la comprend mal, qu’on le corrige avec amour ; et si cela ne suffit pas, qu’on cherche tous les moyens adaptés pour qu’en la comprenant bien il se sauve (S. Ignace, ex. spir. 22).

Catéchisme de l’Eglise Catholique, points 2477 et 2478

Lorsque les dissidents ne donnent pas une interprétation favorable de ce que dit le Pape, et lorsqu’ils n’acceptent pas ses déclarations qui révèlent une intention chrétienne dans ses faits et gestes, ils le jugent témérairement (s’ils présument) et le calomnient (s’ils savent son intention mais lui en donnent une autre).

A ce moment là, quelqu’un pourrait me demander « Comment savez-vous que vous n’êtes pas celui qui interprète mal le Pape ? ». Je répondrais que, au vu des transcriptions qui rapportent intégralement les paroles du Pape, ce qu’il dit montre qu’il croit réellement en Dieu, en l’Église catholique et en ses enseignements. Je considérerai toute affirmation selon laquelle il voudrait leur donner un sens syncrétiste ou hérétique avec le même niveau d’incrédulité que si quelqu’un me disait qu’Elizabeth Warren était en faveur d’une approche de laisser-faire en matière de soins de santé. C’est-à-dire que ça ne lui ressemble pas du tout. Mais de nombreux catholiques ne lisent pas ses écrits. Ils s’appuient plutôt sur de brèves citations dans des articles, qui sont souvent radicalement hors contexte. Lorsque vous lisez quelque chose du pape François, vous devez lire le tout pour comprendre les points qu’il soulève.

Conclusion

Comme toujours, je n’écris pas pour pointer du doigt et condamner des individus spécifiques. Mon intention est de montrer comment certaines attitudes d’hostilité envers le Pape n’ont aucun fondement en termes de logique, d’enseignement de l’Église, de théologie, d’histoire ou en ce qui concerne le devoir d’éviter les faux témoignages. Si l’on veut éviter de tomber dans l’erreur, on doit éviter les accusations et les tactiques qui conduisent les gens à la dissidence tout en pensant qu’ils sont les véritables catholiques.

Comme l’a souligné St. John Henry Newman, ceux qui ont perdu foi en l’infaillibilité de l’Église – oubliant que Dieu empêche son Église d’imposer l’erreur – n’ont pas compris ce qu’est l’Église et qui en est responsable. Si nous ne voulons pas nous exclure de l’Église, nous devons nous accrocher fermement à l’Église, croyant avec confiance que Dieu protégera toujours l’Église de l’erreur.

Si nous refusons de le faire, si nous pensons que l’Église qui ne va pas où nous le désirons est une Église qui se trompe, alors nous nous serons trompés en rejetant ce que Dieu a rendu nécessaire. Et, si nous rejetons cette Église, nous rejetterons Notre Seigneur qui l’a établie (Luc 10:16).

NOTES

[1] Un dissident m’a insulté de « Papiste », qui est un terme utilisé par les protestants anticatholiques contre les fidèles catholiques. Un lapsus révélateur, peut-être ?

[2] J’ai écrit à propos de cela ICI [en Anglais]. Le livre du Saint est disponible sur Kindle si vous ne voulez pas me croire sur parole. Mais brièvement : il y a cinq positions qu’il considère. Trois qu’il rejette (tous impliquant la prétention que l’Église peut déposer le pape) et deux qu’il accepte. Ces deux derniers sont : 1. Que le Pape ne peut pas être un hérétique (je partage cette opinion) [moi également]. 2. Que le Pape ne cesse d’être Pape que s’il est un hérétique manifeste.

[3] Fait intéressant, il y a eu une sorte de « guerre d’édition » sur la page Wikipédia sur Pachamama. Lorsque les rapports sont justes, les dissidents éditent l’article pour dépeindre Pachamama comme une idole païenne et pour faire croire que le Pape aurait mis en œuvre un culte idolâtre.

[4] Un prêtre que je connais sur Facebook a souligné que c’est aussi un jugement téméraire des peuples autochtones de supposer que leurs actions étaient idolâtres. Je pense qu’il a marqué un point.

Un commentaire sur “Pourquoi les détracteurs du Pape ressemblent à Luther

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