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Le Dieu des musulmans: réponses générales aux objections

Cet article prend suite à notre vidéo et répond aux objections faites à cette doctrine. Il est mis à jour au fur et à mesure des nouvelles objections, dernièrement en 2023.


Ressources en complément

  • Chrétiens et musulmans ont-ils le même Dieu ? par le Père Basile Valuet:
    https://archidiacre.wordpress.com/2020/05/11/chretiens-et-musulmans-ont-ils-le-meme-dieu/
  • Chrétiens, musulmans, et la référence à « Dieu », par Edward Feser:
    https://archidiacre.wordpress.com/2021/05/01/chretiens-musulmans-et-la-reference-a-dieu/
  • Faut-il être chrétien pour prier Dieu? contraire à l’opinion du catéchisme de Trente:
    « Un troisième degré de Prière se trouve dans ceux qui n’ont pas encore la Foi. Grâce à la Bonté divine qui rallume en eux les faibles restes de la lumière naturelle, ils se sentent entraînés avec une grande ardeur à l’étude et à l’amour de la vérité, et ils demandent par de ferventes Prières la faveur d’en être instruits. S’ils persévèrent dans ces bonnes dispositions, la Clémence divine ne rejettera point leurs instances. nous en avons une preuve remarquable dans l’exemple du centurion Corneille. Aussi bien qui donc a jamais fait cette Prière du fond du cœur, et a trouvé fermées les portes de la Miséricorde divine ? »
    https://fr.wikisource.org/wiki/Cat%C3%A9chisme_du_concile_de_Trente/Chapitre_38
  • Les infidèles n’adorent pas nécessairement un faux dieu, car même les juifs adorent le vrai Dieu selon le pape Pie XII:
    « Pour tous les adorateurs du Christ, sans exclure ceux qui, dans une sincère mais vaine attente, l’adorent comme promis dans les prédications des Prophètes et non encore venu, Nous ouvrons la Porte sainte et, devenu Père de tous par un inscrutable dessein de Jésus Rédempteur, Nous ouvrons aussi à tous Nos bras et Notre coeur. » (Radiomessage au monde, 1949)
    [note des Editions St Augustin en 1951, avec l’imprimatur et sans aucun démenti: « Le Pape invite discrètement les Juifs à se tourner vers Notre-Seigneur Jésus-Christ »]
  • Pie XI enseigne que l’immense majorité des hommes (en plus des chrétiens) adorent le vrai Dieu, chose impossible si les musulmans ne l’adorent pas:
    « Dans ce combat engagé dans la puissance des ténèbres contre l’idée même de la Divinité, Nous gardons l’espérance que la lutte sera vaillamment soutenue, non seulement par ceux qui se glorifient de porter le nom du Christ, mais aussi par tous les hommes (et ils sont l’immense majorité dans le monde) qui croient encore en Dieu et l’adorent. » (Divini Redemptoris)
    « Dans une telle union d’esprits et de forces, ceux-là, naturellement, doivent être les premiers qui se glorifient du nom de chrétiens, fidèles à la glorieuse tradition des temps apostoliques, quand la multitude des croyants n’avait qu’un coeur et qu’une âme ; mais que tous ceux qui admettent encore un Dieu et lui adressent leurs adorations apportent, eux aussi, leur concours sincère et cordial, afin d’éloigner de l’humanité le grand danger qui la menace tout entière. » (Caritate Christi compulsi)

Autres preuves que la doctrine était répandue et considérée comme acceptable dans l’Eglise sans jamais n’être condamnée:

  • Le renommé Cardinal Nicolas de Cues (1453) sur la conception musulmane de Dieu:
    https://archidiacre.wordpress.com/2020/04/11/nicolas-de-cues-sur-la-conception-musulmane-de-dieu/
  • Saint Robert Bellarmin considère que les impies Turcs reconnaissent le Dieu unique conformément au prophète Jérémie:
    https://archidiacre.wordpress.com/2020/08/02/st-robert-bellarmin-sur-la-connaissance-du-seul-vrai-dieu/
  • Le célèbre théologien Francisco Suarez:
    « Et cette raison est probante en général pour le cas des Sarrasins, et des autres infidèles connaissant et vénérant le seul et unique vrai Dieu, quant aux rites non contraires à la raison naturelle. » (Tractatus de fide theologica, commentant un texte de saint Thomas (II-II, q. 10, a. 11 : « Utrum tolerandi sint ritus infidelium in regnis fidelium »), in Opera omnia, Paris, Vivès, t. XII (1858), n° 9-10, p. 451-452)
    « De cette façon, c’est la religion juive et peut-être de nombreuses manifestations religieuses des mahométans et autres infidèles similaires, qui adorent le seul vrai Dieu. »
    (Tractarus Primi de Fide Theologica, Parte Secunda, Sectio. IV, Disp. XVIII; aussi repris par le père et professeur Ferdinand Moulart)
  • Le théologien Dom Guéranger:
    « […] l’islamisme accomplissant une autre mission de justice; mais cette fois, c’est contre le polythéisme et l’idolâtrie. En dépit de lui-même, Satan devra descendre de plus d’un autel, car le Coran proclame l’unité de Dieu, la spiritualité de Dieu, l’horreur pour le culte des idoles. La Perse est réduite par le cimeterre à abjurer son sabéisme, auquel elle a immolé tant de martyrs chrétiens. Ce point de vue, que je ne fais qu’indiquer, s’harmonise avec l’ensemble; car la connaissance du vrai Dieu est un pas vers le christianisme, et la route frayée à travers les débris de l’idolâtrie doit conduire tout homme de bonne volonté. » (« Jésus Christ, Roi de l’histoire », ASJ, 2005, p.97)
  • Pie XII, s’adressant au représentant musulman du gouvernement Indonésien, reconnaissant en la constitution établie par le président musulman le Dieu Tout Puissant:
    « Mr Ministre, à votre première entrée solennelle dans votre haute Mission, en parlant au nom de vos citoyens, vous avez rendu hommage à l’ultime et richissime source de véritable et authentique paix. Dans les principes de base proclamées par votre Etat naissant, dans le « Pantjasila » (constitution), le nom et l’autorité suprême du Tout Puissant prend la première place. Là où la primauté due à Dieu et à Lui seul est reconnue et soutenue, les hommes, les nations, la démocratie et une conscience sociale droite naturellement et avec une harmonie, forte et pleine de fruits, trouvent leur place propre dans la hiérarchie des valeurs » (Catholic News Service, 5 Juin 1950; aussi rapporté dans The Times, Indonesian envoy ot the Holy See, Rome, May 25)
  • Le Cardinal de Lugo, « un des théologiens les plus importants de l’époque post-tridentine« , en 1646:
    « Car parmi eux il y en a qui, bien qu’ils ne croient pas à tous les dogmes de la religion catholique, reconnaissent néanmoins le Dieu un, et véritable [agnoscunt tamen Deum unum, & verum], tels sont les Turcs, et tous les Mahométans, ainsi que les Juifs. » Il affirme même ensuite que leur foi, si associée a l’ignorance invincible, peut être dite surnaturelle car déduite de la révélation chrétienne, chose impossible si leur foi concerne un faux dieu (De virtute fidei divinae, disp. 12, n. 50, Lyon, 1646, volume 3, 286)
  • Le théologien Pierre le Chantre, sur les chrétiens sans église dans les pays musulmans (XIIe s.):
    « Les chrétiens pèchent-ils s’ils adorent avec eux-même qui adorent un seul Dieu comme nous, que nous adorons? Resp. Si cela peut être fait sans scandale, ils ne pèchent pas [Et peccant ne christiani si adorent cum eis cum ipsi adorent unum deum sicut nos et quem nos adoramus? Resp. Si sine scandalo hoc fieri posset non peccarent]
    (Cap. V, §219 de Summa de sacramentis et animae consiliis: Texte inédit publié et annoté, Volume 3, Nauwelaerts, p.195)
  • Mgr Fernando Vellosillo, évêque de Lugo, répondant à l’opinion que les infidèles n’adorent pas vrai Dieu:
    « Nous disons que les philosophes naturels, qui n’étaient pas idolâtres, connaissaient le vrai Dieu, & l’adoraient; les sarrasins aussi croient et adorent le vrai Dieu [Deum sarraceni etiam & verum deum credunt & colunt], de même les Juifs: ils se trompent cependant sur quelques articles, davantage en ce qui concerne l’incarnation du Christ. »
    (Advertentiae Theologiae Scolasticae in B. Chrysost. et quatuor Doct. Ecclesiae, 1601, p.344)
  • Le Cardinal Billot, pour la revue jésuite Etudes (1921):
    « […] le monde mahométan qui a toujours retenu, soit de la loi mosaïque, soit de l’Evangile même, la croyance au vrai Dieu créateur du ciel et de la terre, comme fondement et base de sa religion. » (n°167, p.260)
  • L’Abbé Jacques Paul Migne, dans son Encyclopédie théologique:
    « ALLAH. Nom de Dieu chez les Arabes. Il faut se garder de le prendre pour le nom d’une divinité particulière, car les Musulmans adorent le vrai Dieu et ont en horreur le culte des idoles. » (Tome 24, p.128)
  • Le Dictionnaire de Théologie Catholique (Vacant, Mangenot & Amann), 1924:
    « Il est vrai que les mahométans, qui croient à l’existence du vrai Dieu, atteignent la même réalité, bien que d’une autre manière, puisqu’ils n’ont pas la vertu théologale de foi. » (Article « Dieu (connaissance naturelle de) ») »
  • Le Cardinal Tisserant, ex-Préfet de la Comission Biblique Pontificale, 1952:
    « A une époque où le matérialisme néo-païen nous oblige à compromettre et à abandonner nos valeurs spirituelles, l’exemple de la foi d’Abraham peut donner du courage à tous ceux qui peuvent l’admirer. Juifs, Chrétiens et Musulmans sont unis dans leur invincible confiance en l’absolue puissance de Lui qui donne à celui qui demande. » (Cahiers Sioniens, n°2, Abraham père des croyants, Préface, Juin 1951).
  • L’Abbé Rohrbacher, dans son Histoire Universelle:
    « Parmi ces sectes chrétiennes, on peut, avec saint Jean Damascène et d’autres graves auteurs, compter les Mahométans. En effet, ils sont fort zélés contre l’idolâtrie, ils adorent le vrai Dieu, […] » (Tome 1, 1850, p.225)
  • Le Catéchisme de Malines, édité par le père Van Hamel (1856):
    « On nomme païens tous ceux qui n’ont pas été baptisés et qui ne reconnaissent pas le vrai Dieu. Les mahométans sont ceux qui suivent les erreurs de Mahomet. Ils reconnaissent le vrai Dieu, mais ils nient la divinité de Jésus-Christ et rejettent sa doctrine. » (p.89)
  • Le Père J. Boubée, pour la revue jésuite Etudes (1922):
    « Son DIEU [le juif] est le DIEU des musulmans, le DIEU de tous les monothéistes, le vrai DIEU des chrétiens. » (n°171, p.740)
  • Le Père Jacques Bonnetat (1867):
    « Parmi les peuples infidèles, les musulmans connaissent le vrai Dieu. » (Pie IX en face de la révolution, p.86).
  • Saint Paul VI, Enclyclique Ecclesiam Suam (1964), acceptée par l’Eglise Universelle à sa promulgation:
    « Nous faisons allusion aux fils, dignes de Notre affectueux respect, du peuple hébreu, fidèles à la religion que nous nommons de l’Ancien Testament ; puis aux adorateurs de Dieu selon la conception de la religion monothéiste – musulmane en particulier – qui méritent admiration pour ce qu’il y a de vrai et de bon dans leur culte de Dieu »
  • Le père LeJeune, protégé du Cardinal de Bérulle, de la Congrégation de l’Oratoire (XVIIe s.):
    « Or, la doctrine de Jésus-Christ a tellement purgé le monde de l’idolâtrie, que non seulement les chrétiens, mais les Juifs, les Arabes et les mahométans en sont exempts, et qu’ils adorent le vrai Dieu ». (Orateurs Sacrés, Tome IV, Oeuvres Complètes Vol. 2, Sermon XVLII, col 973)
    « […] ils ne sont pas idolâtres: ils honorent bien Mahomet, mais ils ne le reconnaissent pas pour Dieu, mais ils adorent le Dieu d’Israël qui est le vrai Dieu. » (Sermon LXXXVII, dans l’édition de l’Abbé Peltier, p.157)
  • Les théologiens Regatillo & Zalba, en 1954:
    « Il est intéressant de noter que cette solution de Regatillo-Zalba suppose une église dans laquelle le vrai Dieu sera adoré, et dans cette catégorie les auteurs placent généralement la mosquée musulmane. » cf. Theologia Moralis, 1954. Le Père O’Connell note: « Une décision similaire a été rendue par le Cardinal Vicaire de Rome aux curés de cette ville, en 1878. Cf. Genicot Salsmans, Theologia moralis (Bruxelles, 1946), I n. 237 »
    «  » (Coopération des catholiques dans les activités religieuses non catholiques, P. Francis O’Connell, CSSR, L’ARE, 1956, pp.9-10)
  • Le Père John Gneimer, pour la revue Catholic World, 1888:
    « Quant aux juifs et aux mahométans, nous savons qu’ils adorent le seul vrai Dieu »
    (vol. XLVII, p.148)
  • Le théologien et canoniste Vitus Pichler, 1741:
    « Car on appelle Païen, ceux qui nient le vrai Dieu et adorent les idoles, les Sarrazins adorent vraiment le seul et véritable Dieu »
    (Summa jurisprudentiæ sacræ universæ, Secundum quinque Decratalium Gregorii Papae IX, Lib V, Titulis VI, col 239)
  • Le théologien et canoniste R. Baumgartner, reprenant le théologien Barbosa, 1749:
    « par sarrasinisme, comme le note Barbosa, on entend ceux qui adorent en effet le vrai Dieu […] »
    (Conclusiones ex quatuor libris decretalium, Titulo VI, Conclusio II, p.83)
  • Le Pape Pie II, lettre au sultan Mehmet II, chapitre XI:
    « mais nous pensons que vous confessez le Dieu un, et croyez en lui, qui a créé les cieux et la terre, et tout ce qu’ils contiennent, et ne néglige pas les choses qu’il a créées » [sed arbitramur te Deum unum confiteri, et in eum credere, qui coelum creauit, et terram, et omnia quae in eis sunt, et quae creauit non negligit.] unum étant un adjectif signifiant un, unique. Le texte a traditionnellement été compris comme désignant « le » Dieu comme le prouve l’oeuvre de Pierre Crespet, religieux qui avait accompagné le cardinal Gaëtano au XVIème siècle, qui l’a traduite ainsi: « Je croy plutost, que tu confesse le Dieu mesme que nous adorons, et que tu croys en celuy qui a cree le ciel et la terre »
  • Le théogien scholastique Pedro Hurtado de Mendoza, qui fut censeur et qualificateur du Saint Office, 1631:
    « beaucoup d’infidèles adorent le vrai Dieu: bien qu’avec beaucoup d’erreurs: par exemple, les mahométans adorent Dieu »
    (Scholasticae et morales disputationibus de tribus virtutibus theologicis, Disp. 173, Sectio XV, I., p.1534)
  • L’abbé et professeur de théologie Jacques Leclerq, 1934:
    « […] le Dieu des mahométans est le Dieu unique des chrétiens. (Leçons de droit naturel: L’État ou la politique, Wesmael-Charlier, p.66)
  • L’abbé Houtteville, Congrégation de l’Oratoire, 1873:
    « Aucune secte ne mérite le nom de religion, je dis même de fausse religion que celle qui a pour objet le vrai Dieu […] On appelle fausse religion un faux culte offert au Dieu véritable. Ainsi le mahométan […], le juif […], sont de faux adorateurs. » (Accord de la raison, des faits et des devoirs sur la vérité du catholicisme, p.1223)
  • L’encyclopédie Catholique de 1910, « Infidèles« :
    « Le terme s’applique non seulement à ceux qui ignorent le vrai Dieu, comme les païens sous formes variées, mais aussi ceux qui l’adorent mais ne reconnaissent pas Jésus Christ, comme les juifs, mahométans »
  • Le théologien Jean Grancolas, 1727:
    « Tous les autres Infidèles qui reconnaissent le vrai Dieu, ont aussi une éspèce d’Office, c’est-à-dire, des prières et des temps déterminés à prier. Les Mahométans sont obligés par leur Loi de prier Dieu cinq fois le jour […] »
    (Commentaire historique sur le breviaire romain, Vol.1, p.34)
  • Le père et professeur de théologie Francis X. Doyle, 1927:
    « Une fausse religion est une religion qui rend hommage à un faux dieu, par exemple l’idolâtrie, ou au vrai Dieu mais d’une manière faussée, par exemple les Mahométans »
    (The Defense of the Catholic Church, p.3)

Réponses aux objections contre cette « hérésie »

Sommaire:

  • «Ce n’est pas ce que dit le Catéchisme de Saint Pie X »
  • «Le Catéchisme de Saint Pie X n’engage pas Saint Pie X»
  • «Les Samaritains ne sont pas de vrais adorateurs donc ils n’adorent pas Dieu »
  • «Jésus dit que Dieu n’est pas le Père de celui qui le rejette en Jean 8»
  • «Saint Jean dit que « Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père » (1 Jn 2:22)»
  • «Les païens d’Athènes s’adressaient au vrai Dieu car ne lui attribuaient aucune caractéristique erronée, contrairement aux musulmans»
  • «Les autres exemples s’adressaient à Dieu car ils étaient dans l’ignorance invincible»
  • «Le théologien Suarez ne parle que de cas exceptionnels»
  • «Les orthodoxes ou donatistes ne sont pas comme les musulmans car ils se basent sur la Bible»
  • «Saint Grégoire le Grand et Grégoire XVI ne parlent pas de véritable adoration dans un sens théologiquement nuancé mais juste d’une adoration tout court»
  • «Saint Thomas dit qu’on ne peut pas adorer Dieu en ayant une conception erronée de lui»
  • «L’encyclopédie Catholique nie l’adoration des musulmans»
  • «Le Cardinal de Cues n’a pas d’autorité théologique et ses thèses ont été condamnées!»
  • «Les musulmans ne prient pas le Dieu accessible à la raison car il prédétermine le monde»
  • «Si les musulmans adorent Dieu « avec nous » comme le dit Vatican II alors ils l’adorent comme nous, donc de la véritable adoration»
  • «St Grégoire VII était en faveur de la croisade»
  • «Le Pape Hadrien II aurait nié que les musulmans croient au vrai Dieu»
  • «Le Consensus patristique enseigne que les infidèles n’adorent pas le vrai Dieu»
  • «St Robert Bellarmin ne fait que parler d’adorer « un dieu », non pas le vrai Dieu»
  • «Les musulmans ne professent pas l’acte pur de St Thomas et donc ne croient pas au vrai Dieu»
  • Réponses diverses

+ «Ce n’est pas ce que dit le Catéchisme de Saint Pie X »:
Certains répondent ceci en se basant sur une édition ultérieure en 1912 qui a été raccourcie. Mais la version originale, en italien, publiée en 1905, contient bel et bien « admettent le seul vrai Dieu »: « R. Gl’infedeli sono quelli che non hanno il Battesimo e non credono in Gesù Cristo; sia perché credono e adorano false divinità, come gl’idolatri; sia perché pure ammettendo l’unico vero Dio, non credono in Cristo Messia; né come venuto nella persona di Gesù Cristo, né come venturo, tali sono i maomettani ed altri somiglianti. » http://www.museosanpiox.it/sanpiox/catechismomaggiore/cma1.html
Aussi, « admettent » le vrai Dieu implique qu’ils l’adorent, car il est évident que leurs prières s’adressent au seul Dieu admis, donc il n’y a aucune gymnastique mentale possible. Ajoutons que cela réfute aussi l’exploitation d’une traduction anglaise ultérieure dont l’expression est équivoque, car elle doit être lue en cohérence avec les autres: le « one true God » est une référence au même vrai Dieu, en sachant que l’article dissocie les mahométans de ceux qui adorent « des faux dieux ». Au passage, même la version écourtée de l’article dans l’édition ultérieure ne réfute pas ce que l’on dit. Elle distingue bien les idolâtres (qui adorent de faux dieux par définition) des mahométans. Une énième preuve tacite qu’ils n’adorent pas un faux dieu encore une fois.

+ «Le Catéchisme de Saint Pie X n’engage pas Saint Pie X»:

Le Catéchisme de Saint Pie X de 1905 mérite son nom, c’est bien lui qui l’a promulgué et approuvé à Rome. Ce n’est pas parce qu’il n’a pas été rédigé par le pape lui-même (ou du moins par lui seul) qu’il n’est pas « papal », car il l’a bien promulgué sous son Pontificat; et il était bien a l’origine de cette initiative avant son pontificat comme l’introduction de la traduction anglaise l’explique. Beaucoup d’encycliques ne sont pas entièrement rédigées par le pape avant leur promulgation (comme Mit Brennender Sorge), mais leur promulgation suffit à les rendre autoritaires puisque ces textes sont approuvées par lui. Aussi, comment penser que Saint Pie X ait pu promulguer une hérésie grave dans le catéchisme qu’il a promulgué ? Comment penser que Saint Pie X, qui a été infailliblement canonisé, qui a lutté contre le modernisme avec un zèle admirable, ait pu promulguer une hérésie dans son catéchisme qu’il a promulgué ? Quant à l’idée que « saint Pie X avait agi comme évêque et non comme pape », c’est une déduction injustifiée, puisqu’un Pape peut très bien imposer un texte théologiquement autoritaire à une localité sans qu’il cesse d’agir comme successeur de Saint Pierre. En 1905, St Pie X a bien décrété que ce texte devait être obligatoire pour l’enseignement dans tout le Diocèse de Rome (L’uso di questo testo sarà obbligatorio per l’insegnamento pubblico e privato nella Diocesi di Roma e in tutte le altre della Provincia Romana) avec l’éspérance que toute l’Italie l’adopte:
http://www.museosanpiox.it/sanpiox/catechismomaggiore/cma0.html
Rendrait-il une hérésie obligatoire pendant 7 ans sans qu’on s’en rende compte? C’est tout simplement insultant pour quelqu’un qui se dit traditionaliste. Dire que St Pie X aurait approuvé et imposé publiquement une hérésie grave, ce qui serait soi-disant passé inaperçu ne correspond pas à la réalité, qui est que ça n’a jamais été vu par le Magistère comme une hérésie, d’où l’absence totale de « scandale ».

+ «Les Samaritains ne sont pas de vrais adorateurs donc ils n’adorent pas Dieu »:
L’argument Biblique est secondaire car diverses interprétations sont possibles, le jugement final ne revenant qu’au Magistère de l’Eglise (pas aux simples théologiens, cf. la vidéo d’introduction). L’expression ne signifie pas forcément que leur adoration ne s’adresse pas au vrai Dieu, car c’est précisément ce Dieu qu’ils ne connaissent pas qu’ils adorent. Par exemple, Saint Augustin dit que « vrais adorateurs » pourrait même dans un sens exclure les juifs, bien qu’ils honorent le vrai Dieu: « Ou bien par les vrais adorateurs, il veut exclure à la fois les Juifs et les Samaritains, car bien que les Juifs fussent préférables aux Samaritains, cependant ils étaient bien inférieurs à ceux qui devaient leur succéder, et autant que la figure l’est à la vérité : « Les vrais adorateurs sont donc ceux qui ne cherchent point à circonscrire le culte de Dieu dans un seul lieu et qui l’adorent en esprit, à l’exemple de saint Paul, qui disait de lui-même : « Dieu, que je sers en esprit. » »
Saint Jean Chrysostome écrit : « il se contente de lui dire que le culte rendu à Dieu par les Juifs était préférable, non à cause du lieu où ils l’adoraient, mais à cause de l’esprit qui les guidait […] Il se sert de cette expression : « Les vrais adorateurs, » pour les distinguer des faux adorateurs, qui ne cherchent dans la prière que les biens terrestres et périssables, ou dont la conduite est en opposition directe avec l’objet de leurs prières. » http://www.apologetique.net/EvangilePere/EvangilePere.aspx?reference=Jean4,19
Saint Hilaire ajoute: « Il fallait adorer Dieu, pensait-elle, ou bien sur la montagne, comme en Samarie, ou bien dans le Temple, comme à Jérusalem. Car Samarie, à l’encontre de ce que demandait la Loi, avait choisi une montagne pour adorer Dieu, tandis que les Juifs pensaient que le temple construit par Salomon était le cœur de leur religion. Les préjugés de ces deux traditions enfermaient le Dieu en qui sont toutes choses et que rien ne saurait contenir » http://www.migne.fr/images/gestionnaire-migne/documents/Hilaire_Trinite_PDF19.pdf

+ «Jésus dit que Dieu n’est pas le Père de celui qui le rejette en Jean 8»
L’argument Biblique est secondaire car diverses interprétations sont possibles, le jugement final ne revenant qu’au magistère de l’Eglise (pas les simples théologiens, cf. la vidéo d’introduction). Ajoutons que le fait que Dieu ne soit pas leur père ici ne veut pas dire qu’ils ne croient pas en ce Dieu ou ne le prient pas. On le comprend aisément en lisant deux versets plus tard: « Vous êtes du diable, votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. ». Cela prouve qu’avoir Dieu pour père veut dire faire sa volonté et être en communion avec lui (ce dont les musulmans sont coupés à cause de l’erreur). Pas qu’ils ne croient pas au vrai Dieu. http://moniteurs.billings.free.fr/bj/jn8.htm

+ «Saint Jean dit que « Quiconque nie le Fils n’a pas non plus le Père » (1 Jn 2:22)»:
Tout ce que cela veut dire, c’est que celui qui rejette activement le Christ (cela ne s’applique pas pour les infidèles sincères et ignorants), n’a pas le Père à ses côtés. Cela ne signifie aucunement qu’on ne croit pas au Père pour autant.

+ «Les païens d’Athènes s’adressaient au vrai Dieu car ne lui attribuaient aucune caractéristique erronée, contrairement aux musulmans»:
Comme déjà démontré dans la partie I (1:41), ce que les musulmans ajoutent de faux ne sont pas les caractéristiques fondamentales à avoir pour adorer le vrai Dieu. Si c’était un critère pour dire qu’ils ne croient pas au vrai Dieu, alors les orthodoxes et les donatistes (considérés comme ayant le même Dieu par St Optat) auraient un Dieu différent des catholiques, ce qui est faux. Aussi, dire qu’ils attribuent quelque chose à Dieu implique que ça soit au vrai Dieu qu’ils l’attribuent (et donc qu’ils dirigent leurs prières). Par ailleurs, le théologien Francisco Suarez enseignait que se tromper par erreur non coupable sur un attribut de Dieu ne voulait pas dire qu’on ne croyait pas en lui de foi divine.

+ «Les autres exemples s’adressaient à Dieu car ils étaient dans l’ignorance invincible»:
On pourrait penser que ce que disent Vatican II et la tradition sur les musulmans s’applique uniquement à ceux qui sont dans l’ignorance invincible, qui cherchent sincèrement à servir Dieu, comme déjà expliqué à 7:37. On pourrait ajouter qu’il s’agit de ceux à qui les décrets de Dieu sont cachés à cause de l’erreur et qui n’attendent qu’à ce qu’on leur fasse découvrir (en sachant qu’il serait péché de jugement téméraire de « présumer » la sincérité ou non des musulmans en général). Toutefois le magistère n’a absolument jamais établi ce critère pour dire que l’adoration d’un infidèle ne s’adressait pas au vrai Dieu. Ce critère est d’autant moins crédible que l’adoration n’a jamais été rejetée pour les autres exemples donnés (comme les orthodoxes qui rejettent le la procession par le Fils voire plus).

L’avis du Cardinal Juan de Lugo, en 1646:
« si des turcs ou musulmans était invinciblement en erreur au sujet du Christ et de sa divinité, il n’y a pas de raison pour laquelle ils ne pourraient pas avoir la vraie foi supernaturelle à propos de Dieu en tant que rétributeur surnaturel, puisque leur croyance au sujet de Dieu n’est pas basée sur des arguments tirés de la création naturelle, mais ils tiennent cette croyance de leur tradition, et cette tradition dérive de l’Eglise des fidèles, et leur a été transmise, même s’ils y ont melangé des erreurs de leur secte. Puisqu’ils ont ils ont des motifs relativement suffisant pour croire au sujet des vraies doctrines, on ne voit pas pourquoi ils ne pourraient pas avoir la foi surnaturelle à leur propos, à condition qu’en d’autres aspects ils ne soient pas coupables de pécher contre la foi. Par conséquent, avec la foi qu’ils ont, ils peuvent arriver à un acte de contrition parfaite. » (De virtute fidei divinae, disp. 12, n. 50–1, Lyon, 1646, volume 3, 286)

+ «Le théologien Suarez ne parle que de cas exceptionnels»

Conjecture: le texte ne dit pas ça. Le « des musulmans«  suggère déjà la généralité dans la phrase en français, et Suarez parle de fait probant « en général » pour les Sarrazins, qui lui servent d’un exemple commun. A aucun moment il n’évoque de Sarrasin « exceptionnel ». Donc ce serait une manipulation peu crédible des termes. D’ailleurs, Vatican II ne parle pas non plus de « tous les musulmans sans exceptions », comme déjà évoqué dans une autre réponse de cette liste.

+ «Les orthodoxes ou donatistes ne sont pas comme les musulmans car ils se basent sur la Bible»:
Cela n’a jamais été un critère défini par l’Eglise, qui enseigne qu’on peut croire en Dieu par la raison seule. L’objet de la comparaison tient dans le fait qu’ils attribuent à Dieu de faux enseignements et une fausse volonté. Si les musulmans attribuent le Coran à Dieu, bien qu’il ne soit pas de lui, ils revendiquent aussi ses révélations passées, qu’ils jugent – à tort – partiellement falsifiées, mais leur référent est toujours le Dieu qui les a révélées. Cet argument n’enlève donc rien à la nature de ce Dieu sur le plan conceptuel, ils adorent le vrai Dieu mais lui attribuent de faux enseignements, ce qui est tout à fait concevable.

+ «Saint Grégoire le Grand et Grégoire XVI ne parlent pas de véritable adoration dans un sens théologiquement nuancé mais juste d’une adoration tout court»:
Si c’était le cas, alors le mot « vrai » n’aurait pas été employé, et ce serait contradictoire avec l’enseignement de Pie XI qui compte « non seulement » les chrétiens, mais aussi les hommes qui adorent Dieu en général. Si seul les catholiques adoraient Dieu tout court, alors St Paul, St Grégoire VII, Pie XI, Pie XII etc. auraient enseigné une hérésie en admettant que des non-catholiques puissent adorer Dieu. Le commentaire de l’abbé Fillion affiché ainsi que les citations patristiques citées plus haut sont en vérité des preuves que « vraie adoration », surtout en ce contexte théologique, ne veut pas dire que c’est la seule adoration possible, mais l’adoration la plus authentique (revoir partie à 4:19).

+ «Saint Thomas dit qu’on ne peut pas adorer Dieu en ayant une conception erronée de lui»:
On sait dans l’absolu que l’opinion d’un théologien, même d’un grand saint, ne fait pas le poids face à la doctrine du magistère, chose déjà démontrée dans la vidéo d’introduction. Jamais il n’a été élevé à un tel niveau d’autorité doctrinale, bien que très haut, et il peut donc être corrigé par un Concile Oecuménique. Lui-même écrivait: « Quant aux autorités des autres docteurs de l’Église, elle en use aussi comme arguments propres, mais d’une manière seulement probable. » http://docteurangelique.free.fr/bibliotheque/sommes/1sommetheologique1apars.htm#_Toc484618152
De toutes manières, Saint Thomas est théologiquement nuancé. On cite par exemple « Et il est impossible aussi que celui qui a une fausse opinion de lui le connaisse pourtant en quelque chose, car ce que cet homme a dans son opinion n’est pas Dieu. » Si on devait assimiler la connaissance de Dieu à l’adoration qu’on lui destine, il contredirait le catéchisme de Saint Pie X qui dit que les infidèles peuvent reconnaître le seul vrai Dieu (4:19), et cela s’appliquerait aussi sur les orthodoxes ou les juifs. Mais cette « connaissance » pourrait aussi se référer à la vraie compréhension de Dieu, dont on manque forcément en étant dans l’erreur. Cette fausse opinion (propre à l’infidélité qu’il définit en ce contexte) ne concerne pas Dieu dans la mesure où elle ne concerne pas une vraie caractéristique de Dieu: St Thomas soulève donc l’impossibilité logique que Dieu soit défini et vraiment connu par deux opinions contradictoires. Cependant il n’exclut pas qu’on puisse aussi avoir une vraie opinion de Dieu, auquel cas celle-ci concernerait le vrai Dieu (l’opinion musulmane qu’il est unique étant un exemple). http://docteurangelique.free.fr/livresformatweb/sommes/3sommetheologique2a2ae.htm#_Toc476936561

+ «L’encyclopédie Catholique nie l’adoration des musulmans»:
L’encyclopédie dit en réalité qu’ils adorent le vrai Dieu dans son article « Infidels« : « Le terme s’applique non seulement à ceux qui ignorent le vrai Dieu, comme les païens sous formes variées, mais aussi ceux qui l’adorent mais ne reconnaissent pas Jésus Christ, comme les juifs, mahométans »
Les schismatiques vous donneront des traductions tronquées pour arriver à leur fins. Par exemple, l’article « adoration » énumère des offenses qui entrent en conflit avec l’adoration (=/= l’annulent): Ils pensent que l’article parle de l’adoration des musulmans quand il donne différents exemples de cette offense. Voici la citation complète que les schismatiques découpent: « La seconde classe inclut les péchés de superstition. Ceux-ci peuvent prendre différentes formes et doivent être traités sous des noms différents. Il va sans dire que les vaines observances qui négligent l’essentiel dans l’adoration de Dieu et constituent surtout des éléments purement accidentels ou qui la tournent au ridicule à travers d’excès fantaisistes et puérils, son répudiés avec insistance dans la théologie catholique. Honorer ou prétendre honorer au moyen de nombres mystiques ou de phrases magiques, comme si l’adoration consistait essentiellement en des nombres ou dans la prononciation physique de phrases, est la pratique de la kabbale juive ou de la mythologie païenne, et non celle de l’adoration du Très Haut. » http://www.newadvent.org/cathen/01151a.htm
L’article ne parle donc que d’observances superstitieuses, des éléments accidentels, des excès fantaisistes et puérils ajoutés à l’adoration, comme la pratique kabbaliste d’user des nombres et de prononcer de phrases magiques. Il ne parle pas des prières, donc ça ne peut pas concerner les prières des musulmans: ajouter des éléments qui eux ne sont plus dans l’ordre de l’adoration, contrairement à la prière, ne veut pas dire qu’ils ne prient pas Dieu. C’est pourquoi l’encyclopédie confirme qu’ils adorent le vrai Dieu et que les schismatiques inventent une confusion entre des pratiques bien distinctes.

+ «Le Cardinal de Cues n’a pas d’autorité théologique et ses thèses ont été condamnées!»:

Grave mensonge. Le Cardinal de Cues était proche des papes et vicaires des Etats Papaux. Son traité sur la Paix de la Foi n’a jamais été condamné. Le Cardinal de Cues est bien une preuve formelle et historique que ses hypothèses étaient valides et non hérétiques. Les textes qui condamnent des affirmations d’approbation globale des fausses religions que ni le Cardinal de Cues ni Vatican II ne font, car ils ne pointent que les éléments vrais, n’y changent rien.

+ «Les musulmans ne prient pas le Dieu accessible à la raison car il prédétermine le monde»:
Ce n’est pas un dogme musulman cru par tous les musulmans mais une interprétation divergente, aussi vieille soit-elle. La position générale n’attribue jamais à Dieu la détermination du péché et prêche le libre-arbitre: https://www.oasiscenter.eu/fr/musulmans-et-libre-arbitre Ca ne change donc rien si le libre examen sedevacantiste prône une autre exégèse. Même en imaginant que ce soit vrai, qu’ils attribuent cette fausseté à Dieu ne réfuterait pas qu’ils aient identifié le vrai Dieu (pas plus que pour les Calvinistes dont, jusqu’à preuve du contraire, jamais l’adoration n’a été niée). La prédetermination est une action de Dieu possible par son omnipotence, qu’il l’exerce ou non ne fait pas du tout parti des critères fondamentaux définis: http://www.newadvent.org/cathen/06612a.htm On doit admettre aussi qu’ils croient en la bonté parfaite de Dieu, leur erreur ne portant donc pas sur cet élément fondamental en lequel ils croient mais sur la cohérence de ce dernier avec le monde. Comme mentionné plus haut, le théologien Francisco Suarez enseignait que se tromper par erreur non coupable sur un attribut de Dieu ne voulait pas dire qu’on ne croyait pas en lui de foi.

+ «Si les musulmans adorent Dieu « avec nous » comme le dit Vatican II alors ils l’adorent comme nous, donc de la véritable adoration»:
Il est bien clair ici que le « avec nous » ne fait que signifier qu’ils s’ajoutent à ceux qui adorent Dieu en plus de nous catholiques, rien de plus ( avec peut indiquer « l’addition, l’adjonction » https://cnrtl.fr/definition/avec ). La seule chose qui unit les deux est donc d’adorer Dieu, mais pas d’adorer Dieu de la même façon ou piété, ce qu’aucun texte de Vatican II ne dit. Les sédévacantistes pourront déduire des « sens cachés » ou sélectionner arbitrairement des sens réstreints de mots polysémiques aussi longtemps qu’ils le voudront, ça ne prouvera rien sinon qu’ils sont les meilleurs défenseurs du péché grave de jugement téméraire, déjà exposé ici: https://www.youtube.com/watch?v=v0DPqDdd4FE

+ «St Grégoire VII était en faveur de la croisade»:
Argument hors sujet étant donné que ça ne change rien au sens de la lettre. Non seulement le saint Pape n’a pas lancé de croisade contre le roi auquel il s’adressait, mais il est aussi un fait que les croisades n’ont jamais été justifiées par l’idée que les musulmans adorent un dieu différent, ce qu’aucun pape n’a déclaré. Ce n’est donc en aucun cas un support « théologique » pour cette lecture novatrice de la lettre.

+ «Le Pape Hadrien II aurait nié que les musulmans croient au vrai Dieu»:
Certains schismatiques exploitent une lettre adressée à Charlemagne dans laquelle Hadrien II déclarait que Dieu était « contraire » aux Agaréniens (nation en guerre avec le roi à l’époque). Jusqu’ici rien de probant, car une nation peut agir de façon contraire à Dieu même quand elle croit en lui, l’ancien testament le montre avec le peuple d’Israel. Cependant l’auteur qui l’a édité interprétait ce passage comme niant la croyance des Sarrasins (sans préciser les musulmans en général): « car, de même que le peuple du Pharaon fut noyé dans la mer Rouge, parce qu’il ne croyait pas en Dieu, de même cette fois-ci Notre Seigneur Dieu par l’intercession du bienheureux apôtre Pierre les livre en vos mains ». Cependant ça n’est pas le fait qu’ils ne croient pas en Dieu qui est commun avec les égyptiens ici, mais le fait que Dieu les livrera entre les mains du roi (c’est-à-dire, lui donnera la victoire sur eux). Ca ne veut pas dire que la raison est la même, d’ailleurs, aucun Pape n’a jamais déclaré une croisade sous ce prétexte. Et même dans le cas, improbable, où cette interprétation était correcte, ça n’est qu’une lettre privée, avec laquelle le Saint Pape Grégoire VII n’était de toute évidence pas d’accord, et qui n’a pas l’autorité du Catéchisme de Saint Pie X ou du Saint Concile Vatican II. Ce n’est donc pas suffisant pour soutenir cette supposée « doctrine ».

+ «Le Consensus patristique enseigne que les infidèles n’adorent pas le vrai Dieu»:
Il n’existe pas un tel consensus. Déjà les musulmans n’existaient pas à l’époque de la grande majorité d’entre eux, et Saint Jean Damascène les met dans la catégorie hérétique plutôt qu’idolâtre, ce qui implique qu’ils n’adoraient pas pour lui un faux dieu. D’ailleurs, si St Jean Chrysostome disait que les juifs n’adoraient pas Dieu, ça n’était pas l’avis de tous. Saint Justin Martyr disait dans son dialogue avec le juif Tryphon: « Le seul Dieu véritable, Tryphon, celui qui a toujours été et qui sera toujours, c’est l’auteur de cet univers et du bel ordre qu’on y admire. Nous n’avons pas un autre Dieu que le vôtre, nous adorons avec vous celui dont la main puissante à tiré vos pères de la terre d’Égypte; c’est en lui que nous espérons comme vous, car il n’y en a point d’autre : c’est le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob; mais ce n’est ni par Moïse, ni par la toi que nous espérons en lui ; car alors nous serions ce que vous êtes. » (XI)
Saint Augustin disait: « Les juifs adorent comme nous le seul Dieu tout-puissant; mais ils n’attendent de lui que les biens temporels et visibles ; aussi, trop sûrs d’eux-mêmes, n’ont-ils pas voulu voir dans les Ecritures le peuple nouveau qui s’élevait du sein même de la faiblesse, et ils sont demeurés dans le vieil homme.  » (Traité de la Vraie Religion, Chapitre V)
Origène, dans Contre Celse (XXIX), se défendait des calomnies païennes en affirmant bien que les chrétiens adoraient le même Dieu unique que les juifs: « Mensonge manifese ! car dans nos discussions avec les Juifs, ou dans nos conférences entre Chrétiens, jamais nous ne reconnaissons qu’un seul et même Dieu, celui qu’adoraient autrefois les Juifs et qu’ils adorent encore ouvertement » »

+ «Pie XI rejette la reconnaissance de Dieu hors du christianisme dans Mit Brennender Sorge»:

Ce n’est pas du tout ce que dit l’encyclique en contexte. Voici le passage détourné: « Prenez garde, Vénérables Frères, à l’abus croissant, dans la parole comme dans les écrits, qui consiste à employer le nom de Dieu trois fois saint comme une étiquette vide de sens que l’on place sur n’importe quelle création, plus ou moins arbitraire, de la spéculation et du désir humain. Agissez sur vos fidèles, afin qu’ils soient attentifs à opposer à une telle aberration le refus qu’elle mérite. Notre Dieu est le Dieu personnel, surnaturel, tout-puissant, infiniment parfait, unique dans la Trinité des personnes et tripersonnel dans l’unité de l’Essence divine, le Créateur de tout ce qui existe, le Seigneur et Roi et l’ultime consommateur de l’histoire du monde, qui n’admet ni ne peut admettre à côté de lui aucun autre dieu. »
Il y a plusieurs faits qui démontrent que ce paragraphe ne réfute pas nos démonstrations. Le premier, est que comme nous l’avons vu, Pie XI reconnaissait qu’il y a des gens qui adorent le vrai Dieu y compris parmi les non-chrétiens. Le second est que ce paragraphe cité fait suite à un reproche d’idolâtrie de l’Etat, des souverains ou de la race, non pas du Dieu accessible à la raison défini par l’encyclopédie catholique. Ensuite, ce paragraphe parle de création spéculative et arbitraire: ce qui ne correspond pas du tout aux définitions du Dieu dont nous parlons ici. Par ailleurs, la dernière phrase s’adresse aux prêtres et leur demande de rappeler la vraie foi chrétienne au sujet de Dieu: cela n’implique aucunement qu’on ne peut pas croire en Dieu le Père dans l’ignorance de la révélation chrétienne.

+ «St Robert Bellarmin ne fait que parler d’adorer « un dieu », non pas le vrai Dieu»

Si on acceptait cette lecture ridicule, cela signifierait que pour St Robert, la prophétie de Jérémie selon laquelle tous les hommes connaîtraient un jour le Dieu unique est accomplie par les juifs et les Turcs en adorant un seul… faux dieu ! C’est une contradiction évidente. N’importe qui lisant le texte sans a priori et avec un minimum de connaissance théologique comprend bien que pour le docteur de l’Eglise, les musulmans connaissaient le vrai Dieu, sans quoi ils ne pourraient pas confirmer la prophétie de Jérémie. Les « monolâtres » existaient déjà à l’époque des juifs. Adorer un faux dieu n’a rien a voir avec ce que Jérémie prophétise, c’est à la limite du blasphème d’affirmer cela.

+ «Les musulmans ne professent pas l’acte pur de St Thomas et donc ne croient pas au vrai Dieu»:

Argument impertinent, ça n’a jamais été un critère donné par l’Eglise Catholique pour reconnaître le vrai monothéisme chez les non-chrétiens, tout particulièrement quand il s’agit de concepts dont la formulation nécessite l’apprentissage de concepts aristotéliciens. Les orthodoxes ne formulent pas ces concepts précis dans leur doctrine officielle non plus, et ça n’a jamais été nécessaire. La vérité est que le simple fait d’affirmer la perfection de Dieu est suffisant pour avoir le vrai monothéisme, car tout ce qu’en a déduit Saint Thomas avec précision est impliqué sans être nié (d’ailleurs le contraire peut aisément être causé par incompréhension).

+ L’article de Guillaume Von Hazel (Fide Catholica, FIDE POST), réponse mise à jour:
Sa « réfutation » est un texte inutilement long et artificiellement rempli avec des citations – quand elles ne sont pas tronquées – sans aucune pertinence vis-à-vis des arguments présentés dans la vidéo. On peut noter l’erreur fondamentale qui est de croire que les théologiens peuvent « prouver » que le Magistère se trompe, comme si leurs opinions valaient celle du Magistère, mais la doctrine catholique condamne une telle méthode. Un second problème est que la plupart des citations ne disent pas ce qu’il veut leur faire dire, et ne font que rappeler des faits que Vatican II ne contredit pas, c’est-à-dire: Que l’Islam ne sauve pas, est une fausse religion, que la révélation Coranique est fausse, contraire au christianisme, que l’adoration musulmane ne sauve pas en elle-même, que ceux qui rejettent en toute connaissance de cause la révélation chrétienne de Dieu lui font offense et vont en enfer, que leur conception de Dieu est erronée, qu’elle les éloigne de Dieu et les coupe de sa communion; etc. Mais, pour quiconque sachant faire des raisonnements logiques, ça ne veut pas dire pour autant qu’ils n’adorent Dieu, et c’est pour ça que Guillaume n’est parvenu à ne citer absolument aucun enseignement magistériel niant que les musulmans adorent le vrai Dieu, tandis que les éléments qui suffisent à prouver qu’ils le font ont déjà été exposés.

Son interprétation de l’encyclopédie catholique, qui enseigne bien que les musulmans prient le vrai Dieu est réfutée en détail plus haut. Son interprétation de la citation de Pie XI elle repose sur la fausse idée selon laquelle les orthodoxes et/ou protestants ne seraient pas comptés parmis ceux « qui se glorifient de porter le nom du Christ »; chose que la tradition contredit), mais Guillaume ne fait fatalement que confirmer son rôle dans la vidéo: Prouver que l’adoration n’est pas réstreinte aux catholiques, ce qui réfute sa propre lecture des citations de St Grégoire le Grand et de Grégoire XVI, qu’il a tenté de dire exclusives aux catholiques juste avant; en bref, sa réponse est contradictoire et fait de Pie XI un hérétique notoire. Il se tire une seconde balle dans le pied en citant une prière qui distingue les idolâtres (qui adorent de faux dieux) et les musulmans, ce qui ne fait que confirmer la doctrine de Vatican II. Il répète aussi la lecture biaisée du latin alors que la vidéo y répond déjà, sans parler des hommes de pailles sur la grâce. L’expression latine « unum Deum credimus » veut aussi dire « croyons au Dieu unique », donc la raison pour laquelle les historiens ont simplifié par « le même Dieu » s’explique par le fait que c’est ce que le contexte indique: le sens global de la lettre a été très bien compris par les spécialistes: « unum Deum » désigne ici le même Dieu (en sachant que la gymnastique mentale pour rejeter cette traduction est avant tout le fruit tardif du schisme anti-Concile). Sa lecture du catéchisme est assez irrationnelle: Il a recours à une traduction anglaise avec une expression équivoque (qui dit « one God », ce qui peut tout autant concerner le vrai Dieu que dans le credo anglais), alors que l’italien original dit clairement « l’unico vero Dio » (L’unique vrai Dieu), en sachant que de toutes façons, l’article en question distingue bien les musulmans des idolâtres « qui prient de faux dieux ». Par honnêteté intellectuelle, on ne peut donc pas choisir une lecture équivoque qui contredirait le sens original du texte ainsi que les autres traductions. Nous passerons aussi les hors sujets que sont ses calomnies et incompréhensions à l’égard du « subsistit in », de l’oecuménisme, du fait indéniable qu’il existe des éléments de vérités dans les autres religions, du salut dans l’ignorance invincible dont Vatican II parle, de la pastorale d’évangélisation aux musulmans, du prosélytisme défini par les papes (=/= évangélisation), sujets que nous avons réfuté dans d’autres vidéos.

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